
L'universitaire Abdelmadjid Bali a estimé, samedi dernier, à Oran, que cette célébration du centenaire de la naissance de l'écrivain et anthropologue, Mouloud Mammeri, une immensité culturelle, n'aura de sens que si elle est l'amorce d'une réelle réappropriation, collective, de son combat qui vise la réhabilitation totale, sereine, et la promotion de la dimension amazigh et de notre culture nationale. « C'était l'objectif essentiel de ces engagements », a- t-il dit.S'exprimant lors d'un colloque organisé au Théâtre régional d'Oran «Abdelkader Alloula», dans le cadre de la célébration du centenaire de la naissance de cet écrivain, M. Bali a indiqué que Mouloud Mammeri s'est investi dans l'élaboration des instruments et cadres méthodologiques, aptes à favoriser les transmissions générationnelles de la dimension mémorielle d'une langue et sa culture et s'assurer de leur développement apaisé.Ni sa légendaire humilité, encore moins son intelligence et sa sincérité, a- t-il fait observer, ne l'autorisaient, de son vivant déjà, à titre personnel, à être le centre de qui que ce soit. Mammeri était et restera transcendant avec ses engagements et ses écrits, convaincu de la justesse et la légitimité d'une cause qui, on se rend compte aujourd'hui, appartient à tous. Nous savons tous, a encore fait observer M Bali, que l'essentiel, s'agissant du développement et de la préservation de ce patrimoine, commun à tous les algériens, reste à accomplir, exigeant de nous tous, dorénavant, l'implication qu'elle soit institutionnelle ou individuelle, singulièrement ou collectivement, davantage de prise de conscience et de distance, bien entendu, avec tous les préjugés qui ne sont à mettre sur le dos de personne.«Il ne s'agit pas de stigmatiser mais plutôt d'aller de l'avant et par conséquent, de secouer et ébranler ces carcans qui ont entravé l'appropriation de cette dimension», a insisté l'intervenant.Pour sa part, le cinéaste, critique et universitaire Ahmed Bejaoui, a, dans une communication intitulée «Cinéma et littérature : Mouloud Mammeri, témoin, acteur et pionner d'Histoire populaire», a estimé que l'écrivain-chercheur était un grand cinéphile doté d'une profonde culture cinématographique. «Dès l'indépendance, Mouloud Mammeri tâchait à vouloir apporter sa contribution et son témoignage comme homme d'écrit et d'image», a-t-il indiqué. Evoquant l'adaptation, à l'écran, des ?uvres de Mouloud Mammeri, M Bejaoui a mis en avant la profondeur littéraire qu'a apportée cet écrivain-chercheur, précurseur, a-t-il dit, du cinéma amazigh.Dans une communication intitulée « Ma collaboration avec Mouloud Mammeri », le cinéaste et réalisateur Ahmed Rachedi a, considéré que l'adaptation au cinéma du roman «L'opium et le Bâton» constituait le prélude du cinéma algérien. Lui succédant, le réalisateur et producteur Belkacem Hadjadj a souligné l'intérêt de Mouloud Mammeri pour la culture populaire, confinée dans l'oralité. Le cinéaste et universitaire Mohamed Bensalah, a, quant à lui, insisté sur la nécessité de rééditer l'?uvre de Mouloud Mammeri.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Rabah Mokhtari
Source : www.lnr-dz.com