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Ignorants bourrés d'infos



Ignorants bourrés d'infos
La presse algérienne célébrera aujourd'hui, sa Journée nationale. Il y a longtemps que la célébration des «journées nationales» ne fait plus recette dans notre pays. Et puis c'est loin d'être une priorité dans un secteur en totale jachère. Mais enfin, faut-il se contenter de merles quand il n'y a pas de grives' La résignation est la pire des menaces pour une presse réputée il y a quelques années pour sa vivacité. Depuis sa naissance, en 1990, la presse algérienne est toujours en transition. Pour des rasions objectives, elle n'a jamais eu le temps de faire son mea culpa. Deux années après sa naissance, elle a dû faire face à une terrible situation. Professionnellement désarmée, sans protection juridique et matérielle, cette jeune presse est allée au front croiser le fer avec l'hydre terroriste. Ce qui a contraint la presse à jouer un rôle politique qui n'est pas le sien. Sur le champ de bataille, elle a laissé ses meilleurs enfants. Cette bataille terminée à la fin des années 1990, elle retombe, nez à nez avec le pouvoir pour une autre bataille qui dure à ce jour. Pas de répit donc pour se remettre en cause, pour une autocritique. Le gouvernement a une opposition du moins dans la théorie pour lui faire un contrepoids. Le patronat a les syndicats pour le secouer, et au besoin le brider. Mais les médias n'ont pas. Aucun organisme, aucune association n'est aujourd'hui habilitée à passer au crible de la véracité, expliquer le fonctionnement des médias etc... Avouer que l'Etat de la presse algérienne est catastrophique est loin d'être un scoop. La majeure partie des journalistes sont sous payés, mal formés, la profession vit sous la menace de licenciements. L'avènement de la presse on line n'a rien changé à la situation de la nouvelle génération de journalistes consolés que l'avenir appartient au Web quitte à devenir des forçats de l'info et pigistes d'abattage. Peut-on demander dans ces conditions à ces journalistes de former l'opinion, de l'éclairer, de lui fournir des informations crédibles et de participer au débat démocratique alors que des questions «basiques» ne sont pas tranchées au sein de la profession' Cela, au moment où, ailleurs, dans les pays à longue tradition journalistique, le débat se situe à un autre niveau. Comment sauver la presse imprimée qui se trouve menacée par l'Internet' Ailleurs, le débat se situe à un autre niveau. Il s'agit de savoir quel modèle économique adopter' L'information traditionnelle (radio, télévision, presse écrite) est de moins en moins rentable, et le modèle de l'information en ligne ne l'est pas encore...
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