
Un millier de ressortissants français sont installés en Ethiopie. Ils ne sont ni touristes ni représentants d'une quelconque firme et encore moins des attachés de la chancellerie hexagonale. Presque des troubadours particuliers, sages aventuriers sensés qui, sur un coup de tête plutôt réfléchi, avaient décidé de mettre les deux pieds à Addis-Abeba. Avec les mains dans les poches. Mais tous étaient armés d'une idée originale qui leur a permis de bâtir des empires agricoles et industriels en un clin d'?il. Aucune trace de velléité néocoloniale n'entache leur élan résolu et nombreux ont même fondé des familles avec des autochtones.Le phénomène n'est pas isolé et quand on évalue l'importance de l'exode impressionnant des Européens vers l'Afrique, on est en butte à une série de questionnements pour tenter de comprendre un paradoxe déroutant. Il est difficile en effet de cerner les racines d'un curieux chassé-croisé entre une population africaine de plus en plus importante tentée de rejoindre le Nord avec tous les drames terrifiants engendrés et une autre farouchement encline à refaire sa vie en terre africaine.S'attarder sur les destins enchevêtrés des hommes n'a sans doute pas un intérêt aussi nourrissant que celui de s'imposer une vérité toute primaire. Pourquoi les Africains et à fortiori les Algériens ne sont pas happés par le génie créateur qui leur permettrait, les mains dans les poches, d'extirper les trésors nichés sous leurs pieds ' L'école, le pouvoir, le système, le déracinement familial et culturel et l'ensemble des lourdes chapes de plomb ne découragent pourtant pas ceux qui viennent d'ailleurs pour s'installer ici. Ceux qui se fixent à Addis-Abeba, à Oran ou Alger pestent eux aussi fort contre les vents contraires. Mais tous, malgré le maquis administratif et les parcours du combattant imposés, s'accordent pour affirmer qu'ici c'est mieux qu'ailleurs.Il est vrai que l'Ethiopie a changé et que sa rocaille brûlée consent aujourd'hui à offrir des fleurs et du vert pour donner un sérieux espoir aux anciennes représentations cadavériques.En Algérie des hauts plateaux aux confins du Sahara, la terre n'attend que le courage des hommes et la floraison de leurs idées pour donner le meilleur d'elle-même pour qu'elle aussi se plie à l'éclosion des roses salvatrices.Se pose alors une question. Quelle définition faudra-t-il donner au courage et aux idées quand tous les deux poussent les uns à quitter le grand Nord et les autres attirés par le Nord à aller se noyer en mer '
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : M Abdou BENABBOU
Source : www.lequotidien-oran.com