Résumé de la 2e partie - Greta Jurgen est libérée au bout de 3 jours, car rien dans le Code brésilien, ne permet d'inculper une femme pour «amour passionné»...
Heureusement ! Où irions-nous '
' Mais enfin, les lettres, les coups de téléphone le jour et la nuit. Ça n'est pas de la persécution '
' Je te répète qu'aucune loi dans le Code brésilien ne permet d'inculper, même pour un usage exagéré du téléphone, du moment que ce «moyen n'a pas été utilisé pour proférer des «menaces de mort ou pour une tentative de chantage».
Même si elle te tenait au téléphone des discours érotiques, voire obscènes, je ne pourrais rien faire. Je suppose, d'ailleurs, vu le personnage, que ce n'est pas le cas : elle est la réserve et la distinction même.
' Tais-toi, je t'en prie. Encore une fois c'est beaucoup plus grave que tu l'imagines : il ne s'agit pas seulement d'une femme amoureuse, elle est folle ! C'est une folle !»
Le commissaire a réfléchi quelques instants. Le temps de réaliser qu'en effet, si l'on peut admettre que la passion obstinée de cette femme échappe à sa volonté, il faut admettre aussi, à l'inverse, que l'affection ne se commande pas et que son ami a parfaitement le droit de ne pas être amoureux :
«Ecoute, il y aurait peut-être une solution : si vraiment tu crois qu'elle est folle, il faut la faire examiner par des psychiatres et la transférer dans une maison de repos.»
Le visage du milliardaire s'éclaire brusquement.
«Mais oui, tu as raison, c'est cela !... Merci, mon vieux. Merci, vraiment !
' Pas de quoi. Au fait, et ta fille '
' Je voulais la laisser à l'écart, mais elle a surpris plusieurs coups de téléphone de son ex-gouvernante. Elle a compris mon agacement, ma colère, mon découragement même, je crois qu'elle la déteste.»
Le 11 juin 1949, la belle Allemande est donc mise en présence d'un médecin aliéniste. Elle se présente vêtue comme à son habitude d'un tailleur gris, très strict, ses cheveux noirs formant bandeau sur un grand front bombé sans une ride, ses grands yeux noisette très clairs fixant le praticien avec sérénité, le nez droit frémissant à peine, ses lèvres roses ne s'entrouvrant que sur des paroles rares, mais nettes et parfaitement sensées.
Au demeurant, elle ne nie pas profiter de chaque occasion offerte, même si elle doit provoquer cette occasion, pour manifester au milliardaire l'expression de sa passion. Son discours peut se résumer de cette façon :
«Oui, je l'aime. Vous êtes contre '»
Le 12 juin, un autre psychiatre l'examine à son tour et le 13, les deux médecins se concertent.
Le 14, nouvelle rencontre du commissaire et de Gilberto Samoa. Cette fois, au somptueux domicile du milliardaire. Après le dîner et un verre de cognac à la lueur des bougies, sur une terrasse environnée de magnolias odorants, surplombée par un rideau de bougainvillées, le commissaire ne fait que répéter l'évidence : «Crois-moi, je suis désolé, mais je ne peux rien faire... Les psychiatres ont refusé de signer le certificat d'internement, j'ai dû lui rendre sa liberté.
' Quand '
' II y a deux heures... juste avant dîner.» (A suivre...)
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Pierre Bellemare
Source : www.infosoir.com