Oran - A la une

Histoires vraies Le mystère du conservatoire (6e partie et fin)



Histoires vraies
 Le mystère du conservatoire (6e partie et fin)
Résumé de la 5e partie - Le commissaire Bertier va interroger pour la seconde fois, Jocelyne, la meilleure amie de Michèle Chausson...
Le commissaire sait déjà pas mal de choses sur Jocelyne : elle est bonne élève, très sérieuse, un peu trop pour son âge peut-être, mais elle ne manque ni de sensibilité ni d'imagination. Elle lui a avoué, la première fois, qu'elles avaient écrit ensemble, Michèle et elle, un roman policier. Le commissaire a voulu connaître l'intrigue : c'était une histoire à la fois romanesque et naïve, comme peuvent en écrire deux jeunes filles dont la vie manque trop d'imprévu.
Mais quand il la retrouve dans son bureau, le commissaire Bertier a l'impression que quelque chose a changé chez Jocelyne. Il essaie de la mettre à l'aise.
' Alors mon petit, il y a quelque chose qui ne va pas ' Si vous avez une idée, des soupçons, il ne faut pas hésiter à me le dire.
' La jeune fille le regarde, baisse les yeux, le regarde de nouveau et dit dans un souffle :
' C'est moi...
Le commissaire Bertier reste un long moment sans parler. Il considère cette adolescente de seize ans, cette jeune fille sage. Elle le fixe avec des yeux implorants. Le commissaire sent qu'il doit l'aider, il s'exprime d'une voix très douce.
' Il faut tout me dire, mon petit.
Alors Jocelyne parle...
' Michèle est morte sous mes yeux. Je suis arrivée juste après elle au conservatoire. Je l'ai rejointe près de l'escalier. Au cours d'anglais l'après-midi, elle ne s'était pas placée à côté de moi comme d'habitude. Elle s'était mise au fond de la classe avec une autre fille qui lui racontait des histoires.
J'étais furieuse. Je lui ai dit qu'elle ne serait plus jamais mon amie, je lui ai dit des choses très dures.
Tout à coup elle est devenue toute pâle et elle est tombée. J'ai immédiatement compris qu'elle était morte. Alors je l'ai cachée. Sous l'escalier il y a une petite cave. La porte est presque invisible. Je savais que là on ne la découvrirait pas.
Le commissaire intervient aussi calmement que possible.
' Mais pourquoi ne pas avoir appelé ' Vous n'aviez rien fait de mal et on aurait peut-être pu la sauver.
Jocelyne est blême.
' Non, elle était morte, et c'était moi qui l'avais tuée... Et puis il y a eu l'enquête, les policiers partout dans la ville. On parlait d'un crime, d'un sadique. Alors j'ai eu peur. J'ai pensé que si on retrouvait Michèle comme cela, on comprendrait ce qui s'était passé. Je suis retournée au conservatoire le vendredi quand les concierges étaient à la chorale. J'ai sorti Michèle de la cave et je l'ai transportée jusqu'au cabinet de toilette. Là, au moins, on la découvrirait. Et puis pour qu'on croie à un crime, j'ai...
Jocelyne ne peut pas continuer...
Le mystère policier est résolu. Mais à sa place vient de surgir un autre mystère plus profond, un mystère psychologique. Le commissaire Bertier se sent brusquement plongé dans un monde qui lui échappe, le monde trouble, passionné et imprévisible de l'adolescence féminine.
Pour lui, la tâche est terminée. Il inculpe Jocelyne pour non-assistance à personne en danger. Il a résolu le problème qu'il devait élucider. Mais il sait que les psychologues, les éducateurs et les juges pour enfants vont maintenant avoir à répondre à une question bien plus compliquée : qu'est-ce qui peut se passer dans l'esprit d'une adolescente de seize ans ' Les uns vont avoir à comprendre et les autres à juger. Et le commissaire Bertier n'aimerait pas être à leur place.
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)