Résumé de la 3e partie n Jean sent sa fin prochaine en voyant les quatre-vingts policiers venir à lui...
«La bagarre va éclater. Je vais me rapprocher des poulets en temps utile. Il me reste quatre-vingt-dix cartouches. Je boirais bien de l'eau fraîche, j'ai un peu soif. Au point où j'en suis, tout va bien. Au revoir tout le monde, au revoir aux gens heureux, quant aux salauds, qu'ils se débrouillent. Ne portez pas le deuil pour moi. Ne laissez couler aucune larme. Tout à l'heure, je crois avoir tiré sur des civils. Je ne me le pardonnerai pas. Je l'ai vu tomber en criant. Portez-moi des fleurs, et à elle aussi. Au revoir au père, et à ma s'ur.»
Le cahier est fini. En même temps que l'histoire de son auteur, il s'arrête en haut de la dernière page. C'était un cahier de vingt-cinq pages, avec le prix marqué au crayon : 75 centimes.
Tout en haut de la vingt-cinquième page, les derniers mots :
«J' m'en fous...»
A présent, plus de rêves, plus de romans, mais la dure réalité. Un gendarme crie :
«Qui vive !»
Il a entendu du bruit derrière la dune de sable. L'arme au poing, il fait quelques mètres, mais tombe atteint d'une rafale de mitraillette. Jean tente alors une sortie désespérée. Il veut gagner l'abri d'une autre dune, qui mène à un petit chemin côtier. Ce chemin n'est peut-être pas barré, il longe une falaise abrupte. Il entend les voix, et le bruit des mousquetons. Va-t-il tirer à nouveau ' Il entend :
«Halte ! Gendarmerie !»
Ce sont les sommations d'usage, auxquelles Jean répond par une nouvelle rafale, en hurlant dans le vent une injure qui se perd dans les dunes. Il est debout, le sable tourbillonne autour de lui, l'air du large lui couvre le visage d'une myriade de gouttelettes d'eau salée. Une espèce de délire le prend, il veut tirer en l'air, mais le chargeur est coincé ' le sable sans doute.
C'est là qu'une rafale l'atteint aux jambes et le fauche brutalement. Il tombe à plat ventre dans le sable, il se redresse, rampe et essaie de rattraper sa mitraillette qui lui a échappé. Une seconde rafale l'atteint pour de bon cette fois, en pleine poitrine et à la mâchoire. Il trouve encore la force de hurler : «J'm'en fous, j'm'en fous !» Les derniers mots de son cahier. Les derniers mots qu'il prononcera. Et dans l'après-midi, il meurt à l'hôpital.
Chez lui, on trouvera une enveloppe fermée, portant le nom et l'adresse de la jeune fille assassinée par lui. Une enveloppe fermée, mais vide. Un symbole.
Sur la table, une feuille oubliée, détachée du petit cahier de vingt-cinq pages : il y parle de lui, à la troisième personne :
«''Il'' a dansé avec elle. ''Il'' n'avait pas dansé depuis des mois. ''Il'' a senti un corps chaud et tendre. ''Il'' l'a enveloppé dans ses grandes mains. Lui, c'est un enfant prêt à tout pour ce qu'il aime de la pire folie. Elle, c'est une proie ignorante des mille dangers qui vont s'abattre sur sa vie. Car le démon est en lui, et ''Il'' n'a pas peur de la mort. Tout le monde croit que c'est un dur. Mais lui n'est pas un dur, ce n'est qu'une épave humaine balancée et poussée par son cerveau qui ne voit que des vagues de crimes imaginaires, où une jolie blonde se balance, toute riante, au-dessus de carnages invisibles. ''Il'' est un insolite. ''Il'' s'appelle ''Moi''. Et ''Moi'' je ne suis qu'un illusionniste.»
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Info Soir
Source : www.infosoir.com