Oran - A la une

Histoires vraies Encore un pas (3e partie et fin)



Résumé de la 2e partie - Neil, complètement épuisé, aperçoit un chalet. L'atteindra-t-il '...
Quand il revient à lui, il fait nuit, mais la lune éclaire assez le champ tout blanc pour qu'il puisse distinguer nettement, là bas au loin, le petit chalet qui l'attend. Il rassemble toutes les forces qui lui restent et, dans un dernier effort, se met à ramper dans la neige. Heureusement, le champ est en pente vers le chalet, ce qui l'aide un peu. Neil a compris que, pour éviter de s'asphyxier, il doit cracher les glaires et le sang qui remontent dans sa gorge. La plaie de son bras aussi s'est remise à saigner, ce qui achève de l'affaiblir.
Les cent derniers mètres sont les plus ardus. Plus la masse sombre du chalet paraît proche et plus le terrain à parcourir semble réel. Enfin, plus mort que vif, l'enfant touche au but. Sans même chercher l'entrée éventuelle de la maison, Neil casse un des grands carreaux de la fenêtre la plus proche et, au prix d'un ultime sursaut d'énergie, parvient à se hisser à l'intérieur, au sec, et relativement au chaud.
Le chalet est en fait un refuge de montagne. Il est entièrement vide et dépouillé du moindre confort. Livide, raide, à l'agonie, le petit garçon se traîne jusqu'au coin le plus proche et, grelottant de fièvre, se recroqueville sur lui-même comme un hérisson. Et c'est le noir.
Des bruits. Des mots qu'on répète à voix basse. Et puis de la chaleur, de la chaleur qui redonne vie à sa tête, à son ventre, à ses pieds pourtant gelés. Neil essaie d'ouvrir un 'il, mais il n'y parvient pas. En tout cas il a compris ; des sauveteurs, sans doute guidés par son sang dans la neige, ont réussi à suivre sa trace et à le dénicher dans le petit coin où il était allé mourir. A présent ils s'activent pour le ranimer, le panser, le soulager de leur mieux. Neil entend maintenant les conversations assez distinctement, mais il ne parle pas la langue des sauveteurs et ne comprend rien à ce qui se dit.
Quelqu'un cherche à glisser quelque chose entre ses lèvres ; Neil le laisse faire : c'est un petit quartier d'orange. Puis un autre, et un troisième. Neil n'en accepte pas plus, car il sent que cela va le faire vomir. D'ailleurs c'est trop tard, il vomit.
Au moins cela le réveille tout à fait. Et c'est d'un 'il assez ferme qu'il va suivre les opérations d'évacuation. On le couche sur une luge de secours, et on le traîne sans difficulté jusqu'à une sorte de camion à chenilles qui l'emmène vers la vallée, probablement vers l'hôpital. Alors qu'on hisse sa civière à l'intérieur de l'étrange véhicule, Neil aperçoit plusieurs de ses camarades, la mine consternée à la lueur des torches électriques. Il sort alors son bras valide de sous la couverture et, s'efforçant de sourire de son mieux, leur adresse un petit signe amical. S'ils viennent le voir demain à l'hôpital, il essaiera d'être digne. Il plaisantera. Il leur dira quelque chose comme : «Vous voyez, il en faut davantage pour tuer Neil Humphrey.» Tout le monde va parler de son aventure... A cette idée, le petit garçon sourit vraiment. Malgré la fièvre et les douleurs, il a déjà hâte d'être au lendemain.
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)