Résumé de la 1re partie - Le médicament dont a besoin son interlocuteur, se trouve en France. Mais comment le faire parvenir au Venezuela '
Dimanche, 19 mars 1972, 8 heures du matin. Victor Bravo Zoulou 5 est ponctuel au rendez-vous. Mais sa voix exprime le découragement.
' Impossible d'avoir quelqu'un en région parisienne. J'ai essayé des heures, aucune réponse.
Jean-Michel Leroy ne s'attarde pas à des commentaires inutiles. Ce ne sont pas les radioamateurs qui manquent autour de Paris, mais, sur les ondes, il arrive souvent que rien ne se passe comme prévu. C'est ainsi, il ne faut pas s'en étonner. Son correspondant du bout du monde se fait implorant.
' Vous êtes mon seul espoir. J'ai rappelé l'hôpital. Les médecins disent que c'est très urgent.
' Je ne m'occupe plus que de cela. Faites-moi confiance.
Encore une fois Jean-Michel Leroy laisse son micro pour son téléphone. Les policiers du commissariat l'ont envoyé promener, restent les gendarmes. Ce sera sans doute la même chose, mais il n'a rien à perdre.
Le voilà donc qui raconte de nouveau toute l'histoire et là, miracle, la réaction est toute différente.
' C'est d'accord. Nous pouvons mettre à votre disposition un motard pour convoyer le médicament jusqu'à Orly. Avez-vous un médecin parmi vos connaissances pour faire l'ordonnance '
Il répond par la négative. Il se trouve qu'il n'a pas de médecin traitant et qu'il n'en compte pas non plus parmi ses amis.
' Non, je ne vois pas.
' Alors, ce n'est pas la peine d'essayer. Aucun docteur ne vous fera une ordonnance pour une personne inconnue. Nous nous en chargeons.
' Comment cela '
' Auprès d'un médecin de l'hôpital principal de Lille. Nous l'avons déjà fait. Allez à la pharmacie et prenez le médicament.
Un motard vous rejoindra avec le document.
Jean-Michel Leroy s'exécute. Il se rend à la pharmacie et paye de sa poche les 400 francs. Il le fait sans hésitation. Il a la chance de bénéficier d'une certaine aisance et s'il y a une cause qui mérite un sacrifice, c'est bien celle-là. Il n'attend pas longtemps. Un bruit de moteur : le motard de la gendarmerie stoppe devant la boutique, l'ordonnance à la main. Il précise, en prenant réception du précieux paquet :
' Le commandant du vol de Caracas a été prévenu. Je le lui remettrai personnellement.
Jean-Michel Leroy rentre chez lui et se précipite sur sa radio pour annoncer la grande nouvelle à son correspondant. Il est 12h 30; là-bas, c'est le petit matin, mais on lui répond tout de suite.
' C'est réussi ! Les médicaments s'envoleront d'Orly à 22h 35.
' Merci, Fox Papa Tango ! Je préviens immédiatement l'hôpital ! Est-ce que je peux prévenir aussi la presse '
' Si vous voulez...
La suite de l'histoire, Jean-Michel Leroy l'a apprise trois jours plus tard par son correspondant.
' Il y avait une véritable foule à l'arrivée du vol Air France, Fox Papa Tango ! La presse écrite, la radio, la télévision. A Caracas, vous êtes le héros du jour !
' Et votre ami, il a commencé son traitement ' (A suivre...)
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Pierre Bellemare
Source : www.infosoir.com