Oran

Histoires vraies La passagère (2e partie)



Résumé de la 1re partie - Mais qui est cette grosse dame que Murielle découvre dans sa voiture '
La passagère semble assoupie, et, discrètement, Murielle peut détailler son accoutrement : des bottes en caoutchouc bien usées, de gros bas de laine orange, au moins deux jupes l'une sur l'autre, des épaisseurs superposées de pulls et de gilets et, couvrant toute la tête, une sorte de grand châle russe...
Soudain Murielle se raidit. Son sang ne fit qu'un tour : entre la manche du gilet et le gant de laine rose crasseux, elle vient d'apercevoir deux centimètres de la peau du bras seulement, c'est une peau mate, velue, avec de grands poils noirs !
Aucune vieille femme au monde ne pourrait être aussi velue. Et Murielle doit se rendre à l'évidence : elle n'a pas embarqué une passagère mais un passager !
Aussitôt, elle met son clignotant et bifurque pour se garer le long du trottoir. Mais c'était compter sans la vigilance de l'intrus ; d'une main ferme, le passager redresse le volant pour remettre la voiture dans l'axe de la route.
' Pas d'histoire, on continue ! ordonne-t-il d'une voix soudain forte et virile.
Murielle pousse un petit cri ; elle est en train de perdre ses moyens. Et quand l'imposteur découvre enfin son visage, le c'ur de la conductrice s'arrête de battre : il montre les traits d'un homme fort et brutal, avec la bouche amère et des yeux incroyablement fiévreux. Il doit avoir quarante ou quarante-cinq ans.
' J'ai dit : on continue ! insiste-t-il en éteignant la radio.
Puis, d'un geste vif ; il tire de son déguisement un couteau à cran d'arrêt dont il déploie en un éclair la lame effilée et légèrement sinueuse. L'homme place son arme tout près du cou de Murielle, à deux centimètres de la carotide. La pauvre ne peut retenir quelques larmes; elle renifle, ce qui semble agacer le maniaque. Elle essuie ses larmes comme elle peut, avec sa paume. Elle est tellement perturbée qu'elle grille un feu rouge.
' Tu as intérêt à conduire mieux que ça, OK '
Et avec un petit rire, il ajoute :
' Allez, on va prendre la route de Mingoute.
' Mingoute '
Murielle sait ce que cela signifie. C'est une petite route peu fréquentée, qui traverse une forêt épaisse. Elle tente d'apitoyer son bourreau :
' Je... je suis mère de famille... dit elle piteusement.
' Continue, ça m'excite !
Murielle tremble de tout son corps. La présence de la lame tout près de son cou l'obsède, lui donnant bientôt un violent mal de tête. Le maniaque surveille l'itinéraire :
' Allez, dit-il, on ralentit maintenant.
A moins de cent mètres, la voiture va devoir décrocher de la nationale pour emprunter la petite route de Mingoute. «Une fois là bas, ce sera fichu. II fera de moi ce qu'il voudra...»
' C'est sur la droite, à angle droit !
' Je sais...
On atteint trop vite le carrefour fatidique, la croisée des chemins. Un fourgon blanc, venant justement de Mingoute, s'arrête au stop, sur la droite ; il attend que la voiture de Murielle soit passée pour emprunter la nationale. «C'est le moment, je n'ai plus rien à perdre.» (A suivre...)
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