
Résumé de la 2e partie ? La technique de peinture apparaît tout à fait caractéristique : un trait large dessine la silhouette assez sommairement avec l'essentiel des contours puis l'intérieur est rempli en teinte plate.La fresque du «Grand Dieu de Sefar», s'étale sur toute la surface d'un abri sur 16 m de long et environ 30 m2. La paroi est tournée vers une esplanade où se déroulaient les cérémonies immortalisées par la fresque Le «Grand Dieu de Sefar». Les principaux acteurs de la scène sont facilement identifiables : au centre le «Grand Dieu» qui, avec ses 3 m de haut, est particulièrement impressionnant avec une grande poche entre les deux jambes représentant un pagne ou une protection phallique ou bien encore un sexe démesuré et une tête pourvue de cornes, une antilope gravide rouge et une femme en position horizontale avec un ventre proéminent, des antilopes blanches qui défilent de gauche à droite. Un motif est apposé au corps du «Grand Dieu», une expression symbolique caractéristique des peintures de cette période, un motif ressemblant à une sorte de méduse, qui ne correspond à rien de connu et s'inscrit dans les grandes compositions comme un sceau. Cette fresque exprime de toute évidence l'idée de la fécondité et son mystère, la vie et la fertilité. Il y a sur cette paroi le récit d'un des plus anciens mythes du monde. Autre «Grand Dieu» à Sefar, tenant un bâton dans sa main, un sac attaché à l'autre poignet, associé à la même trilogie que le «Grand Dieu» à tête cornue : antilope, b?uf et orante. Cependant le dispositif de la composition diffère, le grand dieu n'est pas sexué et il est marqué d'une image symbolique en forme de croissant. L'isomorphisme entre le croissant lunaire et les cornes taurines a été remarqué en différents lieux et époques. L'ethno-anthropologue Thomas LV affirmait : «L'agriculteur assimile volontiers Terre-Femme-Lune et Fécondité tandis que le chasseur rapproche Ciel-Homme-Soleil et Puissance. Si cette «équation» s'avérait de valeur universelle elle pourrait laisser supposer que les auteurs des ?uvres préhistoriques des têtes rondes n'étaient pas fondamentalement des chasseurs, et que leur imaginaire favorisait plus la fécondité que la puissance. Par leur taille et leur hiératisme, les «Grand Dieux» sont sans doute des divinités, les femmes qui dansent autour d'eux dans une position de danse «africaine», portent des masques décorés de signes symboliques sans doute en rapport avec les attributs de ces dieux qui ont affaire avec la fécondité. Comment alors expliquer ces peintures ' Deux autres hypothèses plus valables peuvent être retenues. Ou bien les auteurs furent des prisonniers ou des voyageurs égyptiens emmenés au Tassili et inspirés par les peintures environnantes, ou bien encore il peut s'agir de Libyens ayant séjourné en Egypte, librement ou à titre de prisonniers, qui, imprégnés de culture égyptienne, auraient, à leur retour, importé chez eux l'art de la vallée du Nil. Aussi bien, des siècles de luttes ininterrompues entre Libyens et Egyptiens pourraient-ils, à eux seuls, expliquer ces influences. Nos recherches futures apporteront peut-être d'autres éléments plus décisifs aux égyptologues qui se pencheront sur ce problème.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Ferhat A
Source : www.infosoir.com