Oran - A la une

Histoire et légendes



L'auteure est connue pour être la directrice de la culture à la wilaya d'Oran, mais elle a derrière elle une longue habitude d'écriture entamée en 2002.«Dans ma jeunesse, j'ai passé quelque temps au quartier de Sidi El Houari et je garde encore de bons souvenirs d'enfance des ruelles de cette cité au milieu des gens du quartier que j'ai adoré», confie-t-elle. Le hasard a voulu qu'elle revienne à Oran des années plus tard, et le poste qu'elle occupe la met, malgré elle, face à l'histoire de cette ville par le biais des sites et monuments dont elle a la charge.C'est ce mix entre les récits historiques puisés d'ouvrages ou de sources écrites et ce que racontent les gens au sujet de leur ville qui font l'originalité de l'ouvrage. Les légendes font aussi partie de la culture et ce sont les contacts avec les personnes âgées qui lui ont donné l'idée de publier ce livre qui s'intéresse autant à l'histoire du Bouyuyou, le tram qui reliait Oran à Hammam Bouhdjar, qu'à celle de personnalités assez méconnues, à l'instar de Kheira Bent Bendaoud, une femme au grand c?ur qui aurait fait le voyage à Sétif après le massacre du 8 Mai 1945 pour ramener des orphelins. Elle évoque également Aziza, la femme de Youcef Bentachfint, le dernier des princes almoravides et tant d'autres récits passionnants, comme El Alia, dont la légende explique pourquoi cette jeune femme s'est jetée du haut de la montagne qui porte aujourd'hui son nom : Djorf El Alia.Plus insolite est l'origine des klaxons obligatoires à l'entrée du tunnel de la Pêcherie, une origine pas très lointaine, mais qui a déjà été oubliée pour laisser place à la spéculation. L'ouvrage compile les récits autour des quartiers, de places ou de monuments d'Oran, ses anciennes mosquées synagogue ou églises, sa gare d'inspiration mauresque construite durant la période coloniale, son musée et tant d'autres lieux, comme les arènes d'Eckmühl. Les textes sont accompagnés d'illustrations, parfois d'époque, à l'instar de celles évoquant l'occupation espagnole.Toutes les sources écrites sont citées minutieusement et la bibliographie est particulièrement riche, mêlant auteurs algériens et européens comme un signe de tolérance envers tous ceux qui ont écrit sur Oran. Historiens confirmés, à l'instar de Yahia Bouaziz, ou simplement passionnés, comme Houari Chaïla, côté algérien, elle s'est également intéressée pour avoir évoqué, côté européen, des auteurs comme Jacques Gandini ou Angèle Maraval-Berthoin, la dame dont elle retient surtout l'humanisme. Evidemment, les personnalités marquantes du mouvement national figurent en bonne place. Tayeb Lamhadji, Saïd Zamouchi parmi les fondateurs de l'école El Fallah, El Yadjouri et, plus loin, Zabana.Parmi ses ouvrages précédents, on peut citer le roman sociologique Geryville ou les sources taries retraçant la vie de sa famille et de son village natal. Sorti en 2003 chez Enag Edition, une partie du livre a été adaptée en 2015 en scénario pour un film documentaire prévu pour cette année devant être réalisé par Larbi Lakhal. «Dans ce livre, j'ai voulu restituer la vie d'antan, qui était finalement commune à tous les Algériens, une vie imprégnée de solidarité et de partage, mais qu'on ne retrouve, déplore-t-elle, plus aujourd'hui.»


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