Oran - Revue de Presse

Haï Nedjma (ex-Chteïbo) - Une localité sans eau et non encore assainie



Malaise dans la bourgade A quelques bornes de la ville d’Oran, des populations vivent dans des conditions difficiles. C’est le cas des habitants de Haï Nedjma (ex-Chteïbo), un bourg qui ne cesse de grossir depuis les années 80 au point d’abriter aujourd’hui, démesurément, plus de 100.000 habitants. Ici, des retards sont enregistrés en matière d’alimentation en eau po-table, d’assainissement, de voirie, d’embellissement, d’aménagement de routes, de bitumage et autres, et ce, malgré les efforts déployés par l’APC de Sidi Chami, chef-lieu de la commune, pour tenter d’améliorer le cadre de vie de cette population. Les élus locaux ne veulent sans doute pas être alarmistes mais le malaise est perceptible dans cette bourgade, la plus peuplée de la commune mère de Sidi Chami et située pratiquement aux portes d’Oran. A l’image d’une femme qui a enfanté des sextuplés, comme le dit la troisième vice-présidente de l’APC, la commune de Sidi Chami est née avec 7 localités: le chef-lieu, Sidi Maarouf, Hassi labiodh, Emir abdelkader (Saint Remy), Haï Bouamama (ex-Saint Georges) et la localité de Nedjma (ex-Chteïbo). Cette dernière est confrontée aujourd’hui à d’inextricables problèmes liés à son développement. «De moins de 500 habitants en 1985, Nedjma, poursuit-elle, avec parfois des mots durs, est passée de 50.000 habitants en 1990 à 100.000 habitants aujourd’hui, ce qui crée d’immenses demandes à satisfaire.» «Une véritable bombe à retardement lorsqu’on sait que la localité n’est toujours pas pourvue d’un réseau d’assainissement ni du réseau d’alimentation en eau potable». Cette étonnante déclaration vient de Ahmed Benhamza, président de l’association de Haï Nedjma, qui soutient que la liste des doléances de cette population est encore longue à énumérer. Nedjma, le poids des problèmes «Au nom de l’embellissement de la ville d’Oran, reprend à son compte un élu, tous les problèmes ont été transférés, pour ne pas dire déplacés à Chteïbo, comme pour se débarrasser d’un trop plein de misère.» Haï Nedjma reste ainsi toujours poussiéreuse et les routes, pour la plupart, impraticables dans cette localité qui a beaucoup hérité du passé. Par ailleurs, l’air par endroit est irrespirable pour ne pas dire vicié, à cause des relents pestilentiels qui émanent des fosses septiques. Ajouter à cela, les risques potentiels de contamination de l’eau potable par les eaux usées à cause des forages illicites, comme le déplore un élu local qui met en avant l’existence de sérieux problèmes de santé publique dans cette localité. Une localité à risques et qui aurait recensé ces dernières années de nombreux cas de typhoïdes, de tuberculose, de diarrhées chroniques et autres maladies virales liées somme toutes à la pollution des puits. La commune se bat toujours pour approvisionner en eau potable la population de cette localité. Une localité dépourvue de tout et qui n’arrive pas à sortir de son état de sous développement, en dépit des actions salutaires pour améliorer le cadre de vie des habitants comme celui de l’électrification. Un bémol cependant, lorsqu’on apprend que le problème des branchements illicites demeure toujours posé comme c’est le cas au niveau du quartier de la brocante, un îlot mitoyen à celui de la ferraille, au même titre que celui de «la fosse», situé à l’entrée, au deuxième rond-point de Chteïbo. La déception des habitants est d’autant plus grande lorsqu’on sait que le gaz de ville n’est pas à l’ordre du jour. La localité risque de connaître un grand retard pour assurer le branchement en gaz de ville à cause d’un certain nombre de contraintes liées en partie à l’absence de viabilisation. Les élus que nous avons rencontrés soulignent l’importance de l’installation du réseau d’assainissement, vu que ce problème risque de laisser exploser une autre bombe, celle en rapport direct avec la santé publique. Une situation rendue compliquée notamment par le manque d’équipements des salles de soins et d’ambulances pour répondre aux cas d’urgence, comme le signale une élue qui se désole également que «les dispensaires ferment à 16 heures». «Les habitants, ajoute-t-elle, ont perdu l’espoir d’avoir une polyclinique et demandent instamment qu’un système de permanence soit effectif au niveau des salles de soins». La population ne perd pas confiance en l’avenir La population ne perd toutefois pas confiance en l’avenir, notamment après ces années d’efforts pour réduire ce fossé qui les séparaient de leurs élus. En quatre années, soutient le premier vice-président de l’APC de sidi Chami, Kacha Saïd, les efforts sont palpables. «Nous avons réalisé trois écoles primaires à Chteïbo et une à Hassi Labiodh, un lycée et un CEM à Sidi Maârouf et quatre écoles à Haï Essabah», dit-il fièrement. Avant de quitter le chef-lieu de cette commune, notre attention a curieusement été attirée par l’existence de plusieurs dizaines de baraques au niveau de Haï Dhaya, et plus exactement à l’entrée du village Emir Abdelkader (Saint Rémy). Une manière comme une autre pour dire que le problème de l’habitat précaire n’est toujours pas éradiqué. «L’APC a émis des réquisitions pour la démolition de ces baraques et nous attendons toujours la réponse de la wilaya», confie un membre de l’assemblée communale, visiblement agacé par la vitesse de la prolifération des baraques qui se fait à raison de six baraques par jour.
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