
El Hassi se situe à l'ouest de la ville d'Oran. Son nom administratif est «haï Bouamama», mais sur les lieux, tous les habitants l'appellent «Coca». Cette appellation, qui s'apparente à un joli sobriquet, fait référence en fait à l'unique usine Coca-Cola qui était implantée dans ce secteur durant les années 60 et 70.Les habitants d'El Hassi ont de tout temps été les laissés-pour-compte de la wilaya d'Oran. Il suffit de se rendre sur les lieux pour découvrir la situation peu reluisante qui prévaut dans ce quartier: voirie endommagée, éclairage défaillant, et bien sûr, ni aire de divertissement, ni infrastructure culturelle. «A El Hassi, l'été est synonyme de poussière, et l'hiver est synonyme de gadoue, tel est notre destin!», plaisante un des habitants.Cela dit, tout dernièrement, le quartier a bénéficié d'une opération de réhabilitation de la voirie. Cela a eu pour effet de soulager bon nombre d'habitants de devoir, chaque matin, dès lors qu'il pleuve un tantinet, affronter la boue. «Quand ils ont goudronné nos routes, on s'est permis d'acheter de nouvelles godasses», ironise un autre habitant. Mais cette opération est loin d'être suffisante, les habitants attendent le bitumage des autres ruelles encore dégradées et la réhabilitation des réseaux divers.Récemment, une famille entière a dû faire face à un éboulement suite aux averses qui se sont abattues sur la ville. Cela va sans dire: la majeure partie des habitations d'El Hassi sont vétustes, et nécessitent, elles aussi, une réhabilitation de fond en comble. Enfin, l'autre point noir de cette localité est bien sûr l'insécurité qui prévaut. On se souvient du viol collectif dont ont été victimes, en 2013, deux subsahariennes en situation irrégulière.Dimanche dernier, lors d'une visite des autorités locales sur le terrain, nous avons constaté la réalisation en cours d'une sûreté urbaine et d'un siège pour la brigade mobile de la police judiciaire (BMPJ). Le taux d'avancement de ces deux projets est conséquent et leur réception est prévue dans les prochains mois.Autre projet en cours: la réalisation de deux antennes administratives en vue de rendre plus commode le retrait de documents administratifs. Cela dit, il faut bien dire ce qui l'on est, quand bien même le quartier d'El Hassi jouira d'une sécurité relative, quand bien même les routes seront-elles goudronnées, ce que réclament essentiellement les habitants de ce quartier, notamment les plus jeunes, est bien sûr la création de centres de loisirs à même d'endiguer un des fléaux les plus ravageurs de la société : l'ennui et le désoeuvrement.Car, c'est précisément l'inexistence de centres de loisirs qui poussent de nombreux jeunes à tomber dans la délinquance. Sur le budget de 15 milliards de centimes dégagé pour le quartier d'El Hassi, gageons qu'aucun centime n'est allé à un projet d'ordre culturel. Et c'est bien là le problème !
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : El Kébir Akram
Source : www.elwatan.com