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Groupe de Hip-hop Game Over de Bordj Bou Arréridj : Une rude traversée du désert



La succession du mouvement du hirak et de la pandémie de coronavirus n'a pas été sans impact sur le groupe juvénile de hip-hop Game Over qui a vu la moitié de ses membres partir. Pour autant, la troupe ne compte pas abandonner et refuse de disparaître du paysage artistique.Elle persévère pour redonner du sang neuf en dénichant les nouveaux talents parmi les jeunes. La troupe, bien qu'elle ait perdu la moitié de son effectif et connu une longue traversée du désert, envisage de fédérer un maximum d'adeptes de ce style artistique parmi la frange des adolescents. «Nous étions un groupe de huit jeunes, mais faute de motivation, la moitié est partie.
Il y a ceux qui se sont mariés d'autres ont tout bonnement et simplement abandonné en changeant de cap. Puisqu'on ne faisait appel à nous que pour faire les figurants, moyennant un maigre pécule, mais les vraies représentations ,elles sont octroyées, par népotisme, bien entendu, à d'autres troupes. Mais malgré cela, nous ne comptons pas baisser les bras. Nous qui avons raflé plusieurs distinctions dans des manifestations culturelles à l'intérieur comme à l'extérieur du pays», nous dit Khaled Kechar, président du groupe.
Au départ, dans les années 1970, connues communément par les années «love and peace», le style musical hip-hop, né aux Etats-Unis, fut mal vu à cause de ses textes explicites et provocateurs, incitant à la haine et la violence entre les bandes afro-américaines et latino-américaines, mais peu à peu, il s'est imposé pour déferler sur toute la planète comme un ouragan musical. Emportés par cette vague artistique, un groupe de huit jeunes de Bordj Bou Arréridj ont décidé de fonder leur propre groupe en 2002, en la baptisant «Game Over».
Petit à petit, ils tentaient, tant bien que mal, de s'imposer dans la culture hip-hop, à travers un style qui les démarque des autres troupes. Ce qui leur a valu plusieurs consécrations nationales et internationales. Sa source d'inspiration était la troupe Zulu King, en référence à la tribu africaine, sous la houlette de Zulu Bombeta, natif du Bronx à New York, qui a eu le flair de transformer et canaliser «l'énergie» de la haine verbale entre les bandes rivales, en style de musique qui donne naissance au rap, aux phrases saccadées synchronisées avec les mouvements du corps.
Un retour en force
La troupe a sillonné une dizaine de wilayas, la dernière en date était Oran en 2013, lors du Festival national du break dance où elle a été finaliste. En dehors des frontières, «Game Over» a brillé en Angleterre, au Pays de Galles, en Irlande, en France, en Tunisie, au Maroc et en Slovénie. Game Over a fait ses débuts avec la troupe théâtrale Tedjde renommée nationale, qui l'a propulsée pour décrocher la première place au Festival national de break dance en 2006, et double champion d'Algérie de catégorie Crew vs Crew en 2007. En 2008, c'était la léthargie pour ce groupe de jeunes ambitieux, mais la traversée du désert n'a pas duré longtemps pour qu'ils reviennent en force et occuper les premières places en 2009 et 2010 au niveau national; et en 2011, quarts finalistes en Angleterre. Si le Freestyle, le graffiti et le hip-hop sont, sous d'autres cieux, considérés comme des arts à part entière, chez nous, les choses sont vues un peu différemment. «Tout à fait.
D'ailleurs, on nous voit du mauvais ?il, en nous jugeant d'après notre apparence physique : tenue en caricature et casquette à l'envers. Voilà pourquoi on ne nous sollicite pas aux activités culturelles, pour nous exprimer à travers cet art, ou plutôt ces arts, car la culture hip-hop est composée de quatre éléments : dance break, rap, djing et graffiti. Exception faite du directeur de la culture de la wilaya qui nous déroule le tapis et qui met à notre disposition ce dont on a besoin en termes de salles et d'espaces pour répéter et se reproduire, et nous lui sommes reconnaissants. C'est regrettable pour la culture, pour nous et pour les générations montantes qui aspirent s'y adonner», conclut notre interlocuteur avec amertume.
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