Les 13 médecinsgénéralistes exerçant au centre de tri des urgences médico-chirurgicalescomptent demander à la direction du CHU d'Oran une mutation collective ainsiqu'une expertise médicale. Cette décision aété prise suite au silence de l'administration concernant l'application destextes législatifs en matière de gardes médicales. C'est ce que nous ont confié certains de cespraticiens qui estiment que la charge de travail qui leur est imposée estimportante au point où cela se répercute directement sur leur état de santé. Atitre d'exemple, ils citeront certains de leurs confrères affectés à ce centrede tri et qui ont contractés de graves maladies professionnelles ainsi que desAVC. Ce que revendiquent ces praticiens - et ils l'ont fait savoir à la DG del'hôpital lors d'une réunion tenue au mois de février dernier - estl'application des lois stipulant que l'ensemble des praticiens des autresservices du CHUO doivent assurer la garde au centre de tri. D'ailleurs, dans untexte relatif à l'organisation et fonctionnement de la garde et des urgences,il est stipulé dans un des articles que «participent au service de garde auniveau du CHU et des établissements hospitaliers spécialisés (EHS), lesdocents, les maîtres assistants, les praticiens de santé publique (spécialisteset généralistes), les résidents...». Pour ces médecins généralistes, en place pourleur majorité depuis une decennie, cet insoutenable rythme de travail s'estrépercuté négativement sur leur fonction, vu que rester éveillé pendant 24h,est en soi une aberration qui peut avoir également des répercussions souventnéfastes sur la qualité de la prise en charge des nombreux malades qui affluentquotidiennement, d'autant que les UMC du CHUO ont une vocation régionale.L'autre défaillance relevée réside dans les gardes sensées être assurées dansla vingtaine de points de garde, étant donné qu'après une heure tardive, lagarde n'est pas assurée d'où l'importante affluence de cas souvent anodins auxUMC. Sur un autre registre, ces mêmes praticiens posent le problème du suivi deleur état de santé notamment par la médecine du travail en application à toutela réglementation en vigueur, dont l'instruction ministérielle N°18 du 27octobre 2002 relative à la protection de la santé des personnels de la santé.Ce texte relève clairement que toutes les contraintes peuvent entrainer unesouffrance physique chez le personnel soignant lorsque les conditions detravail sont défavorables et mener au stress dont la manifestation extrême estle syndrome d'épuisement professionnel appelé «Burn Out». Du côté de l'administration du CHU, on estimeque la question se pose effectivement et que la solution intermédiaire résidedans le renforcement du service de garde en faisant appel aux nombreuxrésidents du CHU. Seulement, le retour à la hiérarchisation des soins est plusqu'indispensable du fait qu'elle peut diminuer le nombre de cas qui seprésentent aux UMC pour de simples examens médicaux. Cela passe inéluctablement par laréhabilitation des points de garde de proximité. Dans l'immédiat, une rencontreregroupant l'administration du CHU et les représentants des médecins est prévueaujourd'hui pour trouver une solution.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : S Chalal
Source : www.lequotidien-oran.com