L'appel à une grève cyclique de 3 jours par semaine décidé par les
psychologues, au début du mois de mars dernier, semble connaître un taux de
suivi «satisfaisant», selon le premier responsable du Syndicat national des
psychologues (SNAPSY), Khaled Keddad. Un pourcentage dépassant les 90 %
enregistré lors de cette première journée. Les bureaux de wilaya du syndicat
donnent 88 % pour la wilaya de Blida, 98 % pour Alger, 95 % pour Oran et 93 %
pour Annaba... pour ne citer que l'essentiel des wilayas où sont concentrés les
psychologues. Hier encore, il n'a été enregistré aucune réaction de la tutelle.
Ils sont 1.591 psychologues concernés par cette grève, a indiqué Khaled
Keddad, qui expliquera que le recours à la grève est motivé par le non-respect
de l'engagement pris par le ministère de la Santé et de la population, au sujet
de la classification des psychologues à la catégorie 13 contenu dans un PV du
17 septembre 2008. Il déplore que la tutelle ait pris, avec la fonction
publique dans le cadre d'une commission ad hoc, la décision de classer les
psychologues dans la catégorie 12. Or, les licences (Bac +4) sont classées dans
les départements de l'Education nationale, la Justice, les Affaires religieuses
dans les catégories 13. Pourquoi cette disparité ? Que fait-on du principe
d'égalité au sein la fonction publique ?, s'interrogent-ils. L'on souligne que
le corps des psychologues ne bénéficie d'aucune indemnité ni primes à même de
rehausser les salaires. Le problème des contractuels au nombre de 161 et des
471 psychologues recrutés dans le cadre du pré-emploi «fait penser à une
marginalisation de la fonction du psychologue au sein de la santé publique», a
estimé Khaled Keddad.
Dans la wilaya d'Oran, comme annoncé, les psychologues ont observé hier
le premier jour de débrayage cyclique à l'appel du Snapsy. Rencontré hier au
CHUO, où il exerce au niveau du service de l'Urologie, Djamel Chentouf, le
président du Bureau de wilaya a précisé que 90 psychologues éparpillés au
niveau des structures sanitaires, des unités de dépistage en milieu scolaire
(UDS) ou les centres intermédiaires de santé mentale (CISM), sont concernés par
cette action de protestation et dont 30 sont affiliés au syndicat. Selon notre
source, «la question de la dévalorisation de ce corps considéré encore comme
étant le parent pauvre de la santé publique, du fait que leur travail n'est pas
perceptible aux yeux des pouvoirs publics en dépit de son importance dans
l'accompagnement des malades hospitalisés ou atteints de graves pathologies,
constitue la raison essentielle du recours à la forme extrême de la
protestation après l'échec des voies intermédiaires». Devant, ce que le
syndicat qualifie de «silence méprisant» de la part du ministère de la Santé,
les revendications formulées s'avèrent fondées, a indiqué notre interlocuteur
qui précise que l'ensemble des doléances de la corporation maintes fois
communiquées aux instances de tutelle sont restées lettres mortes.
Enfin, notre interlocuteur illustre le mépris affiché par la tutelle en
citant le cas d'une femme psychologue qui, 33 ans de service après, n'a eu
aucune promotion alors que dans d'autres corps, les chances de gravir les
échelons existent.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : S E K & S C
Source : www.lequotidien-oran.com