Venus nombreux, hier, pour protester devant le palais du gouvernement et
éventuellement pour être reçus par le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, les
représentants syndicaux des deux organisations des praticiens et des spécialistes
praticiens de la santé (SNPSP et SNPSSP), Lyes Mérabet et Mohamed Youcefi se
sont vu essuyés un «niet» catégorique de la part du chef de l'exécutif.
Les grévistes entendaient bien à
être reçus par la chefferie du gouvernement dès lors que la tutelle ne peut
prendre les décisions qu'il convient en faveur des praticiens et spécialistes.
Les voies du dialogue se referment une à une. Ni la tutelle, ni le gouvernement
ne semblent prendre en considération leurs doléances. En colère, les grévistes ont
déclaré que «la grève allait continuer» et que rien n'arrête leur élan jusqu'à
ce qu'ils obtiennent leurs droits légitimes, à un statut et un régime
indemnitaire dignes. Les manifestants n'ont pu s'approcher du palais en raison
du dispositif de service d'ordre qui a été mis en place. Ils ont été maintenus
à l'intérieur du jardin «horloge floral», rue du Dr Saadane, non loin du palais
du gouvernement jusqu'à 13 :30.
Un sit-in est prévu, mercredi prochain, devant le siège de la présidence
de la République. Après cela, ces deux syndicats décideront des démarches à
prendre.
D'autre part, la grève, qui est à sa 9ème et 5ème semaine, respectivement
pour les praticiens et les praticiens spécialistes, a été marquée, hier, et
comme chaque mercredi, par la tenue d'un sit-in régional organisé conjointement
par le SNPSP et le SNPSSP devant le siège de la DSP d'Oran et qui a regroupé
450 personnes en provenance de 11 wilayas de l'ouest du pays. Selon le
responsable régional du SNPSP, il était prévu initialement une marche à partir
de cette direction vers le siège de la wilaya d'Oran, mais pour des raisons
pratiques et organisationnelles, cette marche a été annulée. En revanche, pour
mercredi prochain, notre source annonce un sit-in régional devant la wilaya
d'Oran. A propos des perspectives de la protestation, le même responsable
syndical a tenu à expliquer qu'avec la grève des enseignants, le front social
s'embrase. En revanche, dans les rangs des personnels de santé publique, on
s'interroge sur l'incapacité de la tutelle à débloquer la situation comme c'est
le cas pour celle de l'éducation qui vient d'annoncer des mesures d'apaisement.
Ceci fera dire que l'intervention du premier magistrat du pays, M.Abdelaziz
Bouteflika, s'impose pour mettre fin à cette crise qui peut avoir des
répercussions directes sur le service minimum jusque-là assuré par un personnel
pourtant en grève et par la complication de certains cas de maladie. Notre
interlocuteur ira même jusqu'à s'interroger sur le fait que l'obligation
d'assurer le service minimum, étant donné qu'il s'agit de vies humaines, ne
peut en aucun cas signifier une position de faiblesse de la part des personnels
de santé.
A Constantine, après plusieurs
tentatives avortées, les membres des deux syndicats ont réussi, hier, à tenir
un sit-in devant le cabinet du Wali. En effet, après s'être fixé rendez-vous
directement au boulevard Kennedy, face au cabinet, quelques 15O praticiens,
généralistes et spécialistes affiliés aux deux syndicats, y ont tenu un sit-in
à partir de 11 heure du matin, tout en clamant leurs slogans habituels. Le
rassemblement a duré juste une demi-heure, avant d'être dispersé calmement par
la police. Mais avant d'évacuer les lieux sous la pression des forces de
l'ordre, les contestataires ont désigné deux représentants, le Dr. Belkhalfa
pour les généralistes et le Dr. Zirout, représentant les spécialistes, qui ont
demandé à être reçus par le Wali dans le but de lui remettre leur plate-forme
des revendications. Toutefois, ils ont dû déchanter puisque le premier
magistrat de la wilaya n'a pas accédé à leur demande, leur faisant savoir, par
l'intermédiaire d'un représentant des forces de l'ordre, qu'ils peuvent envoyer
leur plate-forme de revendications par la voie postale. Contacté, le Dr.
Belkhalfa, coordinateur de l'intersyndicale au niveau de la wilaya de
Constantine, a fait la déclaration suivante:«De toute façon, nous considérons
avoir atteint notre objectif de tenir ce sit-in symbolique. Nos revendications
sont connues de tous et la grève va se poursuivre jusqu'à la prochaine tenue de
notre conseil national qui décidera de la démarche à suivre pour faire aboutir
nos revendications».
D'autre part, à Bechar, les
praticiens des différents hôpitaux et polycliniques de la wilaya ont tenu un
rassemblement, hier matin, devant le siège de la direction de la santé. «Ce
regroupement d'une centaine de praticiens, dira le responsable syndical de la
région ouest du pays, est une marque de soutien au débrayage initié, il y a
plusieurs semaines, au niveau national».
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Posté par : sofiane
Ecrit par : A Mallem, S C, R A & S E K
Source : www.lequotidien-oran.com