? Le Premier ministre a décidé de ne plus obliger les conducteurs de véhicules particuliers à porter la bavette de protection contre le Covid-19.C'est ce qu'il a précisé par une note datée du jeudi 18 juin qu'il a adressée au ministre de l'Intérieur, des Collectivités locales et de l'Aménagement du territoire pour qu'il la transfère, à son tour, aux 48 walis du pays. Il a ainsi affirmé qu'«il est nécessaire de préciser au sujet du port obligatoire de la bavette par les conducteurs de véhicule que ces derniers ne sont pas obligés de la porter (...)». Il est important de signaler qu'à chaque fois qu'il est question de décisions relatives à la situation sanitaire liée à la pandémie du Covid-19, le ministre de la Santé ainsi que les membres de la commission de suivi et de surveillance de ce fléau affirment qu'ils les proposent «pour appréciation» aux autorités politiques avec à leur tête le président de la République. Pour leur part, ces mêmes autorités expliquent et justifient leurs décisions de confinement ou de déconfinement par le fait qu'elles les aient prises après consultation et avis de la commission scientifique. En clair, les autorités politiques se basent en principe sur les évaluations de la situation sanitaire par les scientifiques pour décider de quoi que ce soit. Le rappel de ce cheminement des prérogatives officielles n'est pas pour enfoncer des portes ouvertes mais pour tenter de situer les responsabilités des uns et des autres des «gouvernants» à propos de ce qui se fait au niveau de la santé. Question inévitable de qui d'entre eux a-t-il décidé d'obliger les conducteurs de véhicules à porter la bavette puis de changer d'avis quelques jours après pour les en défaire. «S'il vous plaît Madame, vous devez porter la bavette» nous a ordonné avec un grand respect un agent de police au niveau d'un des barrages sécuritaires de la capitale. «Mais je suis seule dans mon véhicule, je ne peux contaminer personne ni personne ne peut me contaminer» lui avions-nous dit simplement. «C'est une obligation, on nous a instruits pour la faire appliquer, nous sommes de simples exécutants» a-t-il répondu.
Décisions politiques ou scientifiques '
Question plus précise, qui de l'autorité politique ou scientifique avait bien ou mal apprécié une telle décision pour en faire une obligation et la retirer plus tard. Les scientifiques doivent savoir de prime abord quelles sont les situations où les citoyens risquent ou non d'être contaminés. L'on ne s'attend pas à avoir une réponse.
Ce qui est évident c'est que c'est cette note signée par le Premier ministre qui fait part d'une volte-face à ce sujet... L'observation n'est pas pour titiller un gouvernement qui doit faire face à des situations de crises multiples, mais elle est pour relever l'inconsistance et l'incohérence de nombreuses décisions officielles.
Dans son communiqué sanctionnant la réunion du gouvernement qu'il a présidée mercredi dernier «de loin», Abdelaziz Djerad avait instruit le ministre de l'Intérieur, des Collectivités locales et de l'Aménagement du territoire d'informer les walis de s'appuyer sur les services de sécurité pour faire respecter les règles de prévention et de lutte contre le Covid-19. Les walis doivent donc les faire appliquer par «les services de sécurité, les services déconcentrés de l'Etat chargés des missions de la police administrative» avec «obligation d'intervenir par la force face à tout manquement au respect de ces règles (...)». Là non plus on ne saura pas de quelle force Djerad fait-il état, celle publique ou celle répressive. Le nombre de sanctions infligées aux citoyens à cause de ce manquement, avancé par les services concernés est effarant. Un simple calcul des 10 000 DA d'amendes collectées à ce titre, laisse croire que le Trésor public pourra colmater avec, quelques brèches financières. D'autant qu'après six mois de sa prise des commandes de l'Etat, Abdelmadjid Tebboune n'a toujours pas dévoilé son «plan» ou sa «stratégie» de récupération de sommes d'argent qu'il estime importantes et de surcroît «sait où elles se trouvent». L'idée de «négociations» que certaines sources font circuler à propos de «deals» ou «compromis» devant être conclus entre les hauts responsables et hommes d'affaires incarcérés depuis près d'un an, semble - si elle arrive à être vérifiée - buter contre des procédures judiciaires que même ceux qui les ont initiées ne comprennent pas ou ne savent pas les mettre en pratique.
Le gouvernement Djerad se projette... en 2023
Dans le même communiqué, le Premier ministre affirme avoir décidé sur proposition du ministre de l'Intérieur, de «fixer le nombre de délégations communales» aux communes oranaises d'Es-Senia et Oued Tlélat. L'on relève que la démarche fait référence à l'article 136 du code communal et attribue 5 délégations à Oued Tlélat et 2 à Es-Senia. Il est expliqué qu'il en est ainsi au titre «de la réorganisation administrative décidée au profit de communes au taux démographique élevé et à une structuration géographique et urbaine précise». Décrié par toutes les autorités locales et devenu obsolète de par son inadéquation avec les évolutions du terrain, le code communal ne permet plus, selon les spécialistes d'agir au plan local sans des études fouillées sur les collectivités locales. L'on pourrait penser que le gouvernement agit selon les données du fameux SNAT (Schéma national d'aménagement du territoire) mis dans les tiroirs depuis longtemps. Mais encore une question pour savoir dans lequel des tiroirs est caché la loi sur les collectivités locales qui devait rassembler les codes de wilaya et communal pour amorcer une restructuration moderne des territoires et préciser clairement les prérogatives des élus locaux.
Le secteur du travail a aussi été concerné par la réunion où son premier responsable, au-delà du verbiage comme ses pairs sur «la création d'emplois productifs «pour libérer le pays des griffes de la rente pétrolière», a rappelé les profonds déséquilibres des caisses de sécurité sociale et des pensions de retraite. Déséquilibres qui n'ont pas empêché le gouvernement de recourir à un discours populiste pour se targuer de procéder ce mois en cours, à un relèvement des pensions des retraités «avec effet rétroactif depuis mai». Il fait rappeler que la prospective et l'anticipation n'ont jamais été le fort de nos gouvernants. La gestion par un «à peu près» déconcertant laisse toujours perplexe les plus téméraires des économistes et financiers. Le ministre des Finances n'a pas été du reste de la réunion de mercredi puisqu'il l'a saisie pour faire savoir que «le nouveau cadre budgétaire voté en 2018 et relatif aux lois de finance entrera en vigueur conséquemment au projet de loi de finances... 2023». D'ici là, la vigilance s'impose à tous et à tous les niveaux.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Ghania Oukazi
Source : www.lequotidien-oran.com