Après onze jours de bombardements indiscriminés d'une très
grande violence, la « glorieuse » armée occidentale d'Israël n'a pas atteint le
moindre de ses objectifs. Les fusées palestiniennes continuent de tomber à un
rythme régulier sur les territoires colonisés et les incursions des troupes «
d'élite » de la deuxième armée du monde (ou la première, si l'on considère que
ces troupes d'assassins ne sont qu'un démembrement de l'armée américaine) se
heurtent à l'opposition efficace et déterminée d'une résistance qui n'a
d'autres moyens que des mitraillettes et des lance-grenades.
Bombardés par air, par l'artillerie et par la marine, la
ville nargue la technologie de la mort made in USA. Dépités, et dans leur plus pure
tradition de traîtrise et de lâcheté, les criminels israéliens utilisent des
munitions interdites par les conventions internationales. Et les cibles sont
des écoles où s'entassent des réfugiés, des habitations et des mosquées. Les
victimes, plus de six cents morts et près de trois mille blessés à ce jour,
dans leur écrasante majorité, sont des civils désarmés.
Mais comme au premier jour, la détermination ne faiblit pas
et les brigades Azzedine El Kassem empêchent les panzers sionistes d'avancer. La
résistance du peuple palestinien est effectivement héroïque : quelle armée
arabe a pu résister plus de six jours à la machine de guerre sioniste ?
Ainsi, de pauvres gens, très pauvres et très démunis,
soumis à un blocus inhumain depuis dix-huit mois, donnent à chaque instant une
leçon de dignité et de courage au monde entier. La résistance solitaire du
peuple de Ghaza et ce massacre des innocents, avec la complicité active des
Américains, resteront également dans la mémoire des Arabes et des musulmans. Le
martyre de tous ces enfants assassinés, de toutes ces femmes, de ces civils qui
n'avaient, comme disait l'autre, pour seul luxe ici-bas que leurs pauvres vies,
restera pour hanter la conscience de tous ceux qui ont accepté de se soumettre
à l'ordre des criminels. L'histoire retiendra aussi le cri de cette
manifestante soudanaise, invitant les dirigeants arabes à revêtir des robes, ce
qui, d'après cette arabo-musulmane indignée, semble mieux correspondre à leurs
inclinations.
Dans cette épouvantable boucherie, on peut sourire malgré
tout devant ce cri du coeur. Mais il traduit un fait indubitable. Ce que Ghaza
révèle en effet, chaque jour de manière plus évidente, est la disparition des
Etats arabes de la scène politique. Même la ridicule Tchéquie, une arrière-cour
allemande, peut se permettre de les traiter par-dessus la jambe... On peut se
demander jusqu'où pourrait aller cette perte de sens moral des dirigeants de la
capitulation. C'est là l'un des résultats concrets de la « modération » (qu'il
faudrait plutôt traduire par soumission) et de l'alignement des dirigeants de
ces Etats sur la ligne américaine. Comme on peut le voir, les gesticulations
incohérentes de tous les officiels arabes réunis pèsent infiniment moins que la
seule voix de la Turquie !
Mais la résistance de Ghaza el-moudjahida en est un signe
évident, cette phase de l'interminable et désespérante déconfiture des régimes
arabes tire à sa fin. Comme le Hezbollah hier, le Hamas aujourd'hui annonce de
nouvelles formes d'organisation politique capables de faire face
victorieusement à la machine de guerre impérialo-sioniste.Dans la tempête,
Ghaza est l'avant-garde du monde arabe.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : K Selim
Source : www.lequotidien-oran.com