L'Etat a décidé de soutenir l'Entreprise nationale de transport
ferroviaire (SNTF), mais à condition que celle-ci atteigne les objectifs de
performance déjà tracés. Le ministre des Transports Amar Tou a affirmé hier, en
marge de la journée d'études sur le chemin de fer, tenue au Conseil de la
nation, que «l'entreprise a eu tout ce qu'elle a demandé», lors de la
présentation du plan de redressement global de l'entreprise, au Conseil
interministériel, le 21 juin dernier.
L'Etat a décidé de geler le découvert de la société estimé à près de 14
milliards de DA et a approuvé dernièrement, en Conseil interministériel, la
mise en oeuvre du plan de redressement présentée par la direction de la SNTF.
L'Etat pourrait même effacer ce découvert si la société parvenait à réaliser
les objectifs qui lui sont assignés, a dit M. Tou. Le DG de la SNTF, M. Mourad
Benamer, a affirmé que sa société «est gravement déstructurée financièrement»,
précisant que les résultats financiers de 2008 font ressortir un déficit de 6,5
milliards de DA. II a indiqué, en outre, qu'en 2008, les créances de
l'entreprise étaient estimées à 1,4 milliard de dinars, les charges à 50
milliards de DA, la dette d'exploitation à 20 milliards de DA et les dettes
d'aide à l'investissement à 34 milliards de DA, contre un chiffre d'affaires de
4,4 milliards de DA.
Autres mesures prises par le Conseil interministériel au profit de la
SNTF concernent le prolongement des délais de remboursement des crédits pour
l'acquisition d'équipement de chemin de fer, et cela, sur 40 ans. Le directeur
de l'Entreprise a fait part également des subventions qui seront accordées par
l'Etat pour les lignes déficitaires et des subventions pour les dettes
d'exploitation qui sont de l'ordre de 20,160 milliards de dinars. «Ces
subventions sont en étude au niveau du ministère des Finances et seront
présentées prochainement au Conseil des ministres», a indiqué le DG de la SNTF.
Pour ce qui est des coûts d'investissement et de projet global de l'entreprise,
Amar Tou a confirmé que les pouvoirs publics ont alloué 80 milliards de dollars
pour le secteur de 1999 jusqu'à 2014. Pour ce qui est des tarifs, le ministre a
tenu à préciser que les tarifs de l'autorail seront les mêmes que ceux
pratiqués dans les trains classiques, avec une toute petite différence. Pour ce
qui est des tarifs du transport collectif en général, le ministre des
Transports a précisé que les pouvoirs publics ont mis en place un fonds
national pour la promotion du transport collectif. «L'Etat fixera les prix du
transport collectif et soutiendra les prix, en prenant en charge le
différentiel, s'il juge qu'il y a un grand écart entre les prix qui seront
imposés et les prix de revient», a-t-il mentionné en faisant entendre que cette
question est en cours de négociation.
Le ministre des Transports a jouté que les pouvoirs publics ont décidé en
fait d'aider une entreprise au bord de la faillite, et que cette entreprise
doit, en effet, respecter ses engagements pour atteindre les objectifs de
performance. Le directeur de la SNTF a pour l'occasion dressé un tableau noir,
sur tous les plans, concernant l'entreprise qu'il gère. Le 1er responsable de
l'entreprise a reconnu que la SNTF est en perte de vitesse.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : sofiane
Ecrit par : M Aziza
Source : www.lequotidien-oran.com