Oran - A la une

Fronton



Fronton
En ce moment, se déroule la campagne «Consommons algérien». Pour l'essentiel, cette cause juste est portée par des déclarations. On a vu apparaître quelques affiches, ici et là. On a entendu quelques spots radio? Il y a eu, à l'évidence, un souci de communiquer. Mais l'envergure de l'action reste en deçà d'un enjeu qui aurait nécessité sans doute un concours d'idées et un investissement plus lourd, capable d'interpeller vraiment les citoyens.Le Pr Khiati, président de la Fondation pour la promotion de la recherche et le développement de la recherche (FOREM), a eu la bonne idée de lier la question à la santé, montrant combien de produits «made in» pouvaient être nocifs. Il a souligné, chez les enfants et les jeunes, l'horreur de nouvelles habitudes alimentaires où s'illustrent les pizzas à la mayonnaise, la garantita en sandwich, le «spécial» (morceau de qalbalouz écrasé entre deux beignets huileux!) et les sodas avalés quasiment en intraveineuse. Il a donné des chiffres édifiants des importations : 20 millions de dollars en abats congelés, 17 en oranges (mais oui !), 3 en aliments pour chiens et chats et, enfin, plus de 30 millions pour la mayonnaise ! Mis à part cette sortie, le reste de la campagne paraît sans grande force de conviction et d'argument, se limitant presqu'à des v?ux pieux.J'ai pourtant décidé de la soutenir pour la simple raison que cela fait longtemps que je l'ai entamée, donnant, autant que faire se peut, la préférence aux produits nationaux, comme le sait bien mon dealer alimentaire, gérant de supérette, qui a osé un jour me proposer du couscous importé de France avant de se faire rabrouer par sa propre mère ! Tout cela est présenté comme une action politico-économique et c'en est une effectivement. Mais, depuis que l'homme pense et écrit, il s'est intéressé à l'importance du fait alimentaire dans la personnalité des sociétés et des individus. D'Ibn Khaldoun à Lévi-Strauss, les sciences humaines ont toujours prouvé combien notre assiette est culturelle.Aussi, comment pousser les Algériens et les Algériennes à consommer algérien si, par ailleurs, on ne les encourage pas à connaître leur histoire et leur culture et à se trouver vraiment habités par la conscience de l'être national ' Comment, quand l'impossibilité d'achever les programmes d'histoire-géographie sur une année, a pu conduire à supprimer les leçons sur l'Algérie ' Comment oui, quand ce qui constitue les tréfonds de l'identité algérienne est souvent bafoué au profit de références occidentales ou orientales parfois aberrantes ' L'article ci-contre sur la daridja, ou arabe parlé, dans les expressions artistiques, nous invite à une réflexion d'ensemble sur nos rapports à l'algérianité, un terme que d'ailleurs le correcteur automatique de mon ordinateur me signale comme faux !Plus souvent qu'on ne le pense, les chemins de l'économie passent par la culture. Consommer algérien ' Oui. Mais, pour atteindre les assiettes, ne faut-il pas déjà commencer par l'être '


Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)