Oran - Revue de Presse

FRANCE L'Afghanistan s'invite dans la présidentielle



Depuis quelques heures, la France a les yeux rivés sur l'Afghanistan. L'ultimatumadressé par les talibans à Paris expire demain et, hier, aucune solution nesemblait en vue. Vendredi dernier, les talibans avaient donné une semaine à laFrance pour retirer ses troupes d'Afghanistan, en échange de la vie des deuxemployés français de l'ONG «Terre d'enfance» qu'ils détiennent. Selon leministère français de la Défense, 1.100 militaires français opèrent dans larégion de Kaboul où ils participent à la lutte anti-talibans aux côtés desautres troupes de l'Otan. Depuis cette annonce, Paris multiplie les initiatives diplomatiques:négociations secrètes avec les talibans et pressions «amicales» sur leprésident afghan Hamid Karzaï pour le contraindre à accepter un échange deprisonniers, comme le souhaitent les preneurs d'otages. Mais le gouvernementafghan a exclu, dimanche dernier, tout échange pour obtenir la libération desdeux Français, compliquant sérieusement la tâche de Paris. En pleine campagne électorale pour le second tour des présidentielles,cette affaire accentue la pression sur le gouvernement français, issu de lamajorité de droite. Ce dernier se trouve devant un véritable dilemme. S'ilaccepte de retirer les troupes comme l'exigent les preneurs d'otages, il risquede se voir accusé d'avoir cédé au chantage des «terroristes». Une accusationqui pourrait desservir le candidat Nicolas Sarkozy, qui a siégé dans ce mêmegouvernement pendant cinq ans. La libération, le 19 mars, du journalisteitalien Daniel Mastrogiacomo, en échange de la libération de cinq cadrestalibans détenus par le pouvoir afghan sous la pression de l'Italie avaitsuscité une vive controverse dans presque tout le monde occidental: certainsestiment qu'il encourageait les talibans à enlever des Occidentaux. Si enrevanche, le gouvernement français décide de ne pas répondre aux exigences destalibans, il s'expose très fortement au risque de voir les deux otagesexécutés. Les talibans sont, en effet, connus pour avoir souvent mis àexécution leurs menaces concernant les otages occidentaux. Demain, quelle que soit son issue, cette affaire va inévitablementlaisser un impact sur la campagne électorale, avec une inconnue de taille:comment vont réagir les électeurs à une éventuelle annonce d'une libération oud'une exécution de leurs compatriotes détenus en Afghanistan? Une chose estsûre: les Français n'approuvent pas l'engagement militaire de leur pays enAfghanistan aux côtés des Américains, même s'ils sont nombreux à penser que lecombat contre les talibans est beaucoup plus légitime que la sale guerre menéepar les Américains en Irak et à laquelle la France ne participe d'ailleurs pas.Depuis l'annonce de cette prise d'otages, les deux candidats à laprésidentielle ont soigneusement évité de la commenter publiquement. A partirde demain, ils devront se tenir prêts à faire connaître leurs opinionsrespectives, en fonction de l'issue de cette affaire.
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