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France, Etats-Unis, Chine, Inde... : l'Afrique, théâtre de «batailles économiques» Economie : les autres articles



La pauvreté relative du Mali en matière de ressources minières exploitées n'écarte pas pour autant la thèse des luttes d'influence entre puissances mondiales, ne serait-ce que parce que' ce pays fait partie d'une région sahélienne aux enjeux économiques avérés.
Ahmed Kateb, chercheur en relations internationales, faisait remarquer dans une précédente interview que «le Sahel se trouve être un espace charnière pour le transport du pétrole et du gaz», et donc au centre des «luttes d'influence» entre les Etats-Unis, la France et la Chine notamment. Ainsi, «le théâtre soudanais déterminera le débouché vers l'Asie du pétrole du Sud-Soudan et peut-être du Tchad via la mer rouge, le théâtre tchadien, intermédiaire, est important pour l'évacuation du pétrole du bassin du lac Tchad, du bassin de Doba et celui du Termit au Niger, vers l'Amérique via les ports camerounais et nigérians. Enfin, le Sahel occidental (Mali et Niger) est stratégique pour la sécurité du gazoduc Lagos-Beni Saf qui reliera le Nigeria et l'Algérie pour le transport du gaz nigérian vers l'Europe».
Mahdi Taje, expert du Sahel, souligne dans ce sens que «les Etats-Unis ont un projet qui est déjà mis en place à travers un oléoduc qui désenclave le pétrole tchadien à travers le Golfe de Guinée» et la Chine «désenclave le pétrole sud-soudanais vers Port-Soudan et l'exporte à travers la Mer rouge». La lutte d'influence en Afrique est loin d'être une simple vue de l'esprit. Selon Jean-Joseph Boillot et Stanislas Dembinski, spécialistes des marchés émergents, «l'Afrique demeure un terrain propice à des batailles économiques internationales».
Une idée réfutée par Damien Deltenre, doctorant à l'Université catholique de Louvain, spécialiste des questions liées aux ressources naturelles et la dimension géographique des guerres civiles. Pour lui, «les conflits en Afrique sont dus au malaise dans ces pays, qui par la suite dégénère. La concurrence entre les puissances économiques n'est pas un facteur-clé». Selon lui, ce sont «les lois du marché qui gouvernent encore, et le statut de puissance militaire n'entraîne pas forcément une domination économique». Il en veut pour preuve le fait qu'au Tchad, vieille colonie française, «c'est la Chine qui exploite le pétrole».
Il serait, dit-il, «plus simple d'acheter les ressources naturelles que de faire la guerre pour elles». Rien n'est moins sûr, cependant. Hervé Gattegno, rédacteur en chef de la cellule investigation du journal Le Point, affirme dans la presse française que la guerre au mali vise à «maintenir ce qui reste de l'influence française en Afrique, et de préserver la sécurité de nos intérêts dans cette zone».
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