Quand les bruits de couloirs ne sont plus audibles, nous nous faisons un
plaisir de vous les faire parvenir. Musique.
2011 est une année test pour l'UE pour ce qui concerne son avenir
politique commun ; entendez vers quel type de système de gouvernance
s'oriente-t-elle : fédéralisme, confédéralisme, unioniste avec un Etat central
?
La question n'est pas vaine tant
la vie institutionnelle de l'UE d'aujourd'hui est marquée par un discours au
gré des circonstances, tantôt faisant l'éloge de la liberté du marché, de la
solidarité entre ses membres et de la fraternité de ses peuples, tantôt
développant des reflexes protectionnistes à l'intérieur même de son marché
commun, doutant de sa diversité culturelle, méfiante au métissage de ses
peuples. Les effets pervers de la mondialisation tous azimuts ne concernent pas
exclusivement les pays pauvres ou en voie de développement. Après avoir mis à
l'épreuve la solidarité européenne, la crise financière internationale a révélé
l'existence de «deux collèges» dans la Maison commune européenne : ceux de la
zone euro et les autres ; les «petits et grands» pays ; les anciens et les
nouveaux. Puis vint l'heure, en cette fin d'année 2010, des choix «cornéliens»
: une discipline budgétaire sous l'Å“il de la Commission de Bruxelles, avec la
particularité que cette «surveillance» puisse bloquer le vote d'un budget
national de tel ou tel Etat membre, s'il ne répond pas à l'intérêt général de
l'Union. Ainsi, l'UE se couvre un attribut du régime politique fédéral. Qu'à
cela ne tienne, sauf que pour tout le reste, de ce qui caractérise le
fédéralisme, l'UE manifeste une étrange répulsion : non à la libre circulation
des Roumains et Bulgares, pourtant membre de la famille Europe, dans l'espace
Schengen ; non à l'uniformisation de la fiscalité, ni celle de la justice et
encore moins celle de la protection sociale. Mercredi dernier, le président de
la Commission européenne, José Manuel Barroso, accompagné des commissaires
chargés des affaires économiques et sociales, MM. Olli REHN et Laszlo ANDOR, a
réaffirmé devant un parterre de journalistes que «c'est la première fois que
les budgets nationaux s'élaborent sous une dimension européenne» avant de
préciser que «désormais la Commission européenne va piloter les économies
nationales avant leurs conceptions, au lieu de constater leurs résultats à
postériori».
Un pas de plus vers le
fédéralisme, du moins en ce qui concerne l'économie. Le but étant de juguler
les effets de la crise structurelle et de permettre les conditions d'une
croissance positive. Rigueur et austérité sont les maîtres mots. «Les réformes
attendues seront douloureuses» rappelle le Commissaire Laszlo. «Sans
l'assainissement budgétaire en 2012, nous serons à la merci des marchés. Pour
2011, les Etats doivent aller au-delà des 0,5 % de réduction par an du déficit
/ PIB» rajoute son collègue Olli REHN. En guise de vÅ“ux pour la nouvelle année,
les responsables de l'UE rappellent «qu'il faut cibler les dépenses sociales
pour atténuer les effets de la crise». La messe est dite et tant pis pour la
majorité des peuples européens, comme ceux des pays de l'Est qui payent déjà
une lourde facture sociale pour leur adhésion à l'Union. Comme le hasard
complique parfois la vie politique, comme dans la vie tout court, cette année
2011 de laquelle est attendu tant de «révolutions» dans la gestion de l'Union,
a bien failli être très mal entamée en raison des réserves émises sur la
capacité de la Hongrie, qui préside l'Union, à guider les affaires européennes.
La raison : sa loi controversée sur la liberté des médias hongrois. La levée de
boucliers, à juste titre, contre le régime hongrois s'est soudain transformée
en bienveillance, écoute et dialogue. Plus question de doute sur les capacités
de la Hongrie à être européenne et surtout de gérer l'Union. «Le groupe PPE –
le plus important- du Parlement européen appelle à cesser les commentaires à
visée manipulatrice au sujet de la loi sur les médias et du gouvernement
hongrois, et considère que c'est à l'UE, qui fait face en ce moment aux défis
les plus importants qu'elle ait connus depuis sa création, que ces critiques
causent le plus de dégâts» a déclaré, mercredi dans un communiqué, Joseph DAUL,
le président de ce groupe parlementaire. Voilà un revirement, pour le moins
spectaculaire, après la mise au pilori de la Hongrie. Tant mieux pour la
«tranquillité» européenne en ces moments de crise.
Que dis-je ? Au moment même où la
colère hongroise est calmée, celle d'un autre membre de l'Union éclate : la
Roumanie qui menace de quitter la «Francophonie» en réaction au veto de la
France (et de l'Allemagne) contre son entrée dans l'espace Schengen. S'il est
vrai que la francophonie n'est pas une «politique commune» de l'Union, il reste
que la France et la Roumanie sont membres de l'UE. Elles ne peuvent pas
divorcer dans l'espace francophone et s'embrasser dans la Maison commune
européenne.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Notre Bureau De Bruxelles : M'hammedi Bouzina Med
Source : www.lequotidien-oran.com