Pour la Force citoyenne populaire en voie de constitution, «la situation des quartiers populaires ou des banlieues pauvres est symptomatique des injustices, des inégalités et du déni des droits fondamentaux qui traversent l'ensemble de la société française.»
Lyon
De notre correspondant
Une nouvelle association a été créée à quelques jours des élections législatives, jonction de plusieurs structures militantes existantes et de personnalités diverses. La Force citoyenne populaire (FCP), lancée en ce mois de mai, veut aiguillonner les énergies associatives déjà préexistantes, en particulier dans les banlieues françaises, avec un nouveau cadre d'action : «Face à l'incapacité des forces politiques actuelles à défendre nos intérêts et nos droits politiques, sociaux et économiques, nous refusons de déléguer plus longtemps notre pouvoir d'action aux institutions politiques existantes. Parce qu' ''exister, c'est exister politiquement'', nous décidons de fonder une force politique à même de répondre aux problèmes rencontrés par une majorité de citoyens.»
L'action ne se veut pas un énième rassemblement de ghetto : «Tout le monde est concerné. Plus largement, la situation dans ces quartiers n'est pas si différente de celle d'autres territoires délaissés (DOM-TOM, zones rurales).» Il s'agit de représenter «celles et ceux qui se sentent pas ou mal représentés». Pour Salah Amokrane, l'un des créateurs du FCP, et fondateur à Toulouse du groupe Zebda, «il ne s'agit pas de simplement défendre les quartiers pour les quartiers, mais d'une référence commune, pour des lieux qui bien qu'à la périphérie de nos villes en sont le centre politique. Les quartiers ne sont que des loupes grossissantes de l'état de la société, des questions du travail, de la santé, du racisme, de la ségrégation urbaine, de l'éducation, du travail, du libéralisme, du sexisme, de l'environnement.»
Peser après les législatives
Alors que les législatives des 10 et 17 juin vont décider de la politique des cinq prochaines années en France, le collectif FCP estime nécessaire de rappeler que «les conditions de vie d'un nombre toujours plus important de citoyens se dégradent de manière lente et continue. Les catégories populaires sont les premières à subir les conséquences de politiques économiques et sécuritaires iniques et funestes. La situation des quartiers populaires ou des ''banlieues pauvres'' est symptomatique des injustices, des inégalités et du déni des droits fondamentaux qui traversent l'ensemble de la société française. En ce sens, la montée de la xénophobie, le refoulement du passé colonial et les révoltes de novembre 2005 traduisent l'inconséquence des forces politiques actuelles à vouloir conserver un ordre social, économique et politique profondément inégalitaire».
«Se réapproprier notre mémoire»
Bien sûr, l'histoire de l'immigration devenue composante incontournable de la France d'aujourd'hui est mise en avant : «Des révoltes d'esclaves à la commune de Paris, de l'Etoile nord-africaine à la main d''uvre immigrée (MOI), de la manifestation du 17 Octobre 61 aux luttes pour la résorption des bidonvilles et des cités de transit, des grèves des foyers Sonacotra à la marche pour l'égalité, de l'occupation de l'usine Talbot Poissy au mouvement des chômeurs, du mouvement des sans-papiers au comité contre la double peine ; tous ces combats sont constitutifs de l'histoire politique, sociale et syndicale de France. Sortons de l'amnésie collective et de l'ignorance politique pour nous réapproprier notre mémoire.» La Force citoyenne populaire entend «faire émerger une nouvelle citoyenneté. Nous voulons une France des uns avec les autres, et non une France des uns contre les autres, dans un monde social des peuples». Des comités locaux vont essaimer. Ils sont déjà mis en place à Paris, Marseille, Lyon, Montpellier, Grenoble, Toulouse, Rouen, Lille' Le congrès fondateur se tiendra les 2 et 3 juin à Nanterre.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Walid Mebarek
Source : www.elwatan.com