Le DG de la fonction publique a livré des explications après coup pour contrer les arguments des syndicats autonomes. Le «dialogue» sur la grille des salaires et le statut de la fonction publique s?ouvre mais dans la distance et le conflit. Ce n?était pas inévitable... Les tumultes dans la fonction publique ne sont pas près de s?arrêter malgré les propos rassurants du directeur général de la fonction publique publiés jeudi par Le Quotidien d?Oran. C?est que l?on est dans une sorte de modèle du genre en matière de gestion des relations avec les représentants des fonctionnaires: une occultation des syndicats que l?on essaye de rattraper ensuite par des explications. Et aussi par des accusations de faire dans les «équivoques» et «amalgames» jetant «des troubles dans les esprits». C?est moins méchant que l?accusation «d?agitateurs» mais on est néanmoins dans une négation du réel. Exclure les syndicats des fonctionnaires de la discussion sur le statut et la grille ne pouvait que générer une attitude de défiance et une lecture de légitime suspicion. Quand le directeur général de la fonction publique accuse les syndicats d?exagération sur les salaires que toucheront les hauts fonctionnaires de l?Etat, il leur fait, explique un syndicaliste, un mauvais procès. Tenus totalement dans l?ignorance, les syndicats ont fait des projections sur la base du point indiciaire censé être unique de 45 dinars. Il vient en quelque sorte de les informer que le salaire des hauts fonctionnaires sera établi sur la base d?un point indiciaire de 19 dinars. Ne cherchons pas très loin l?erreur: elle est dans l?absence de l?information. Et les syndicats des fonctionnaires, tenus à distance, ne pouvaient que prendre leurs calculettes à partir des informations devenues disponibles après l?aparté entre les pouvoirs publics et l?UGTA. On peut multiplier à l?envi les exemples pour montrer que la mise au ban des syndicats des fonctionnaires est en définitive improductive. Les «troubles dans les esprits» viennent d?abord de là: on ignore les concernés et ensuite on livre des explications a posteriori. Il ne s?agit d?ailleurs pas, pour les syndicalistes, de contester le fait que la responsabilité qui accompagne l?exercice de fonctions supérieures doit être correctement rémunérée. C?est leur faire une accusation de populisme alors qu?ils sont dans une attitude moderne de quête d?un statut de partenaire social qui leur est nié. Mais une explication a posteriori ne compense pas une participation directe aux discussions et à la négociation. On se serait sûrement épargné beaucoup d?accusations et on aurait fait l?économie des projections que l?on juge «équivoques». Les discussions qui auraient pu avoir lieu entre négociateurs dans un échange direct d?informations et d?évaluation ne se sont pas faites. On a désormais un débat a posteriori.
La grille sans pompier
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Posté par : sofiane
Ecrit par : K Selim
Source : www.lequotidien-oran.com