Oran - Revue de Presse

Flambée des prix des matériaux de construction Le ciment blanc dans le rouge, des artisans au chômage



Depuis plus de deux mois la fièvre s'est emparée des prix des matériauxde construction. Le plus touché de ces matériaux est sans aucun doute le cimentblanc indispensable pour la fabrication du carrelage ou des dallages de«granito» et autres marches d'escalier pour ceux qui ne peuvent s'acheter dumarbre hors de prix (à raison de 4.800 DA le m²). Le sac de ciment blanc de 50kg dont le prix avoisinait les 600 DA est passé sans crier gare à 2.500 DA, etmême à 60 DA le kg au détail. Du coup, de nombreux artisans confrontés à cettehausse des prix, voient le coût de production multiplié par 5. Ils ne trouventplus d'acheteurs pour leurs produits, les clients attendent un éventuel retourà la normale des prix de ce ciment. Une situation qui n'a pas manqué d'avoirdes répercussions sur ces artisans, dont nombre d'entre eux ont été poussés àbaisser rideau, mettant ainsi au chômage de nombreux ouvriers, pères defamilles.Mais le retour à la normale ne semble pas pour demain. Les revendeurs dematériaux de construction qui affirment être totalement «étrangers» à cetteflambée des prix, pointent du doigt les importateurs, quand ils n'imputent pasla situation à une diminution de la production mondiale, donc de l'offre sur lemarché, favorisant une spéculation sauvage avec toutes les conséquences qu'onpeut imaginer aisément.Le ciment blanc n'est pas le seul matériau qui flambe, l'autre cimentproduit chez nous n'est pas descendu sous la barre des 350 DA le sac de 50 kg.Le sable suit le mouvement de hausse passant de 1.200 DA à 2.500 DA, les6 m3. Pour ce matériau, ce serait les mesures prises pour empêcherl'exploitation sauvage des lits des rivières, qui sont à l'origine de la raretédu produit et de la flambée des prix. Ces mesures allant du simple P.-V. àl'emprisonnement pour les contrevenants à la réglementation mise sur pied, ouencore la mise en fourrière du moyen de transport ou sa saisie pure et simple.Les services de la Gendarmerie nationale ayant été instruits dans ce sens. Asignaler au passage que toute extraction de sable est soumise à uneautorisation des services de l'Hydraulique et de la wilaya. Seuls les groschantiers peuvent en bénéficier, tels ceux de l'autoroute Est - Ouest ou lesautres grands projets d'utilité publique. Les auto-constructeurs n'ont plusqu'à se rabattre sur le sable des stations de concassage, résidu de lafabrication d'agrégats. Certes, un sable de qualité mais, vu son prix et sa disponibilité,il n'est pas facile de s'en procurer.Cette situation a induit un très fort ralentissement des chantiers del'auto-construction et accentué la demande sur les logements sociaux ou LSP. Atitre d'exemple, au niveau de la daïra de Khemis Miliana ce sont plus de 5.000demandes qui attendent d'être satisfaites alors que l'offre n'est estimée qu'à150 logements, selon nos informations. Un état de faits qui a eu également sesconséquences, puisque la distribution de ce petit nombre de logements a connuquelques retards. Autre effet de la même situation, des travailleurs decertains chantiers du secteur du bâtiment qui sont au chômage technique.
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