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Festival international du théâtre : Béjaïa dit oui au théâtre nôCulture : les autres articles



Festival international du théâtre : Béjaïa dit oui au théâtre nôCulture : les autres articles
Un décor simple et abstrait, aux couleurs et formes du pin, tranchant avec un personnage, véritable accumulation de couleurs et symboles culturels japonais concentré dans un costume traditionnel, le théâtre nô s'est transporté à Béjaïa pour titiller l'imagination d'un public ravi et le faire voyager pour la première fois dans un univers à part... fabuleux.Plus de 600 comédiens jouent du théâtre nô dans le Japon. La sixième édition du Festival international du théâtre (FITB), qui s'y déroule, a fait une place dans la soirée de samedi dernier pour une troupe japonaise qui a joué Hagoromo. Ou plutôt tout juste la fin de Hagoromo, qui veut dire «cape céleste». La tradition veut que le nô se joue avec une vingtaine de comédiens. Quatre musiciens et huit chanteurs accompagnent les personnages sur scène. Trop nombreux pour le FITB, Hagoromo s'est donc contenté de trois comédiens dont le personnage principal, appelé Shite. Comme le décor, le scénario est tout simple.
La pièce raconte l'histoire d'un pêcheur qui, de retour de la mer, trouve sur le rivage, accroché à un pin maritime, une robe qui l'éblouit par sa beauté. Il l'emmène chez lui pour la garder jalousement comme un trésor inestimable. Une belle femme «qui vient du ciel» apparaît pour le prier de lui rendre sa robe sans laquelle elle ne peut regagner la Lune. Le pêcheur consent de rendre l'habit si la femme danse pour lui. Celle-ci, vêtue de sa robe, s'exécute avec délicatesse et des gestes lents et de préciosité, déployant ses larges manches comme un oiseau en vol, accompagnée sur scène par la voix de deux hommes qui chantent son retour vers le ciel, en passant par le mont Fuji, que l'Unesco a classé cette année patrimoine mondial. Retrouvant son habit, la femme céleste remonte vers la Lune.
A Béjaïa, le public n'a eu droit qu'à la scène de la danse, mais cela a suffi pour apprécier toute l'originalité du théâtre nô, vieux de presque sept siècles, et surtout pour observer de près la complexité des costumes du personnage principal et mieux l'essayer sur scène pour trois personnes de public. «Les costumes portés par les acteurs sont le fruit de techniques d'experts japonais. Le tissu, la broderie et la peinture sont l'héritage de techniques utilisées dans la fabrication des vêtements japonais historiques», explique Chihiro Takehana, la traductrice de la troupe. «C'est la première fois que nous participons à ce festival et nous avons apprécié surtout la présence du public nombreux. Notre déplacement du Japon valait la peine» répond à El Watan Munekaza Takeda, le vétéran du trio japonais, dont la troupe s'est déjà produite en janvier dernier à Alger et Oran. L'Algérie étant leur seule destination au Maghreb et dans le monde arabe.
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