
Le cinéma des pays du Golfe a été à l'honneur lors de l'après-midi de samedi dernier. Un film émirati et un autre saoudien ont été programmés dans le cadre de l'avant-dernière journée de le 7e édition du FOFA. Tout le monde est d'accord que les films retenus dans la compétition ne représentent pas forcément le cinéma dans leur pays de provenance. Sympathique, le film émirati «Sea Shadow», du jeune Nawaf Al Janahi, a péché par excès. Les longueurs de certaines séquences et l'inutilité d'autres, travers mis sur le compte de l'inexpérience et de la jeunesse, ont failli compromettre l'intention du réalisateur, celle de montrer un autre visage des Emirats, totalement tranchant par rapport à l'image véhiculée par certaines chaînes satellitaires de l'Eldorado avec gratte-ciel, voitures de luxe et technologie de pointe. Donc, le film nous donne à voir deux familles vivant presque dans un bidonville, vivotant de petits commerces. Les enfants de ces deux familles se croisent quotidiennement, ce qui nourrira des sentiments de la fille par rapport au garçon. Sur fond d'une romance juvénile, il faut le noter, le réalisateur essayera de lever le pan sur certaines réalités méconnues de ce pays pétrolier. On découvrira notamment le racisme à l'endroit des étrangers, notamment les Sud-Asiatiques, la dislocation de la structure familiale... Mais, dommage, la longueur du film a failli ennuyer le public. Cependant, «Sea Shadow», n'affichant aucune prétention, demeure un film à découvrir.Le second film «Echo», du réalisateur saoudien Samir Areef, traite la question, vieille comme le monde, de la communication ou plutôt de l'incommunicabilité entre les êtres. Pour cela, il prend deux familles, voisines, et dont les enfants fréquentent la même école. Les parents d'un des enfants sont des malentendants et muets, alors que les parents de l'autre présentent une autre infirmité, non précisée. Dans le premier foyer, la communication, grâce aux gestes et à la capacité de lire sur les lèvres, est fluide. L'enfant réussit à discuter avec ses parents qui l'entourent d'affection et d'attention. Par contre, chez les voisins, la mère passe son temps à gueuler et engueuler son enfant, pendant que le père, effacé, passe son temps collé devant le poste de télévision. Le réalisateur joue avec ce parallélisme: absence de son et communication intense d'un côté et vacarme et absence de communication de l'autre. Jusqu'au moment où un imprévu arriva : un enseignant demande à rencontrer les pères de ses élèves. A partir de là, des interférences vont s'introduire dans le foyer du couple des malentendants. Ce qui a failli leur faire perdre leur sérénité. Le film est bien ficelé. L'image est d'une netteté irréprochable. On peut dire autant du son. La femme animatrice d'une émission de radio, souffrant d'une infirmité physique, elle aussi, a un peu alourdi le scénario. On a failli avoir un film sur le regard porté par la société sur les infirmes…
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Ziad Salah
Source : www.lequotidien-oran.com