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FAUX POIS CHICHE ET TRIPES DE VOLAILLE



Le ministre des Finances a encore une fois tracé lundi les contours de la future loi de finances. En technicien financier, il ne s'est pas trop avancé dans les détails en se contentant d'utiliser un langage d'expert-comptable s'en tenant à l'énoncé de chiffres déjà connus dont la consistance n'est pas à la portée du citoyen lambda. Il a cependant rabâché avec douceur l'énorme poids des retraites et des salaires de la fonction publique et les tracasseries que rencontre le Trésor pour y faire face. Entre deux phrases, un discret clin d'?il a été fait envers le déficit monstrueux de la Sonelgaz qui pomperait une partie du produit de la planche à billets. Le sous-entendu est flagrant pour ne pas comprendre que l'Etat continuera sa politique sociale et justifie dans une large mesure le recours à l'endettement étranger.Election présidentielle oblige, le ministre a évité l'alarmisme utilisé par un ancien chef du gouvernement mais sa pondération ne saurait cacher la bouillie malodorante dont la senteur asphyxie le pays. Au vu des retouches annoncées dans la gestion des finances publiques avec une prudence politicienne évidente, nonobstant les futures lourdes orientations pour les hydrocarbures et d'autres mesures d'assouplissement l'accompagnant relatives à l'investissement, il est certain que le prochain président de la République aura du pain rassis sur la planche.
Ce menu est déjà depuis un temps l'alimentation quotidienne des familles. Pour s'en convaincre, il suffit de scanner les nouvelles habitudes alimentaires des Algériens et les longues files d'attente devant la restauration à quatre sous devenue, par la magie de la crise et l'impératif de survie, étoilée. Avec l'inflation programmée et le renchérissement inévitable du coût de la vie, le voyage des assiettes garnies de faux pois chiche moulu dans les cages d'escalier a de prégnants jours devant lui et les tripes de volaille seront mieux mises à l'honneur.
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