C'est entre Oran et Relizane que Samra Aimouche passera son enfance avant de suivre des études secondaires et universitaires dans la capitale de l'Ouest algérien où elle obtiendra le diplôme d'études supérieures en microbiologie. N'ayant pu trouver un emploi, elle se rend en France en 2002 pour y rejoindre son frère et sa s?ur. Après des formations spécialisées, elle rejoint un hôpital parisien où elle exerce en qualité d'ingénieur d'études cliniques. Comme elle baigne dans un environnement d'artistes, d'écrivains et de poètes, elle est tentée par l'art et choisit la calligraphie.Liberté : À l'issue d'une formation en calligraphie, vous venez de participer à une exposition collective au Centre culturel algérien de Paris (CCA). Pouvez-vous nous parler des ?uvres présentées '
Samra Aimouche : J'ai appris la calligraphie au CCA pendant deux ans avec le professeur Abdelkrim Benbelkacem.
Je participe avec 6 tableaux. L'un est un cheval composé avec la lettre "dhad", un autre reprend une citation : "Dans chaque c?ur il y a une mosquée, si tu n'en trouves pas une dans le tien, sache que tu ne trouveras ton c?ur dans aucune mosquée".
Un tableau représente la chute de l'Andalousie, moment douloureux de l'Histoire dont j'exprime la nostalgie par la formule de la mère du dernier roi musulman d'Andalousie : "Pleure comme une femme ce que tu n'as pas su défendre comme un homme", un autre représente un plan de mosaïques, dense au début et qui éclate à la fin.
Certains voient même dans le "alife" du mot "abki", le symbole d'une épée qui fracasse le rêve andalou. La calligraphie est un art, car elle suscite des émotions.
Vous évoquez souvent l'Emir Abdelkader?
Je suis fascinée par la personnalité de l'Emir Abdelkader, homme d'Etat et chef de guerre qui était aussi un soufi et un poète. Un tableau reprend une formule de l'Emir à ses troupes pour les inviter à la patience : "Si mon cheval se plaint de ses blessures en hennissant, je lui dis patience, comme celle dont je fais preuve dans l'adversité." Dans un autre tableau, je me suis inspirée d'un poème sur l'éloge du Sahara : "Si tu savais les secrets du désert, si tu t'étais réveillé au milieu du Sahara, si tes pieds avaient foulé ce tapis de sable parsemé de fleurs semblables à des perles?"
La calligraphie arabe est souvent associée à la religion?
Personnellement, je préfère calligraphier la poésie, et ce, pour deux raisons : d'abord élargir le champ de la création artistique, ensuite parce que je considère que pour calligraphier des sourates du Coran ou d'autres textes religieux, il faut être érudit en ces matières et ne pas les banaliser et désacraliser par ignorance. Ne l'étant pas particulièrement, j'ai opté pour la poésie, mais aussi pour la philosophie, car mes tableaux reprennent des citations d'auteurs ou de personnalités historiques.
Quels sont vos objectifs à travers cette démarche '
Faire revivre la poésie algérienne classique, littéraire, à travers la calligraphie, mais aussi le "chîir elmelhoun", la poésie populaire. Pourquoi pas la poésie tamazighte, si je maîtrise les textes. L'essentiel est de maîtriser ses thématiques. Au plan technique, je cherche à combiner le dessin et l'écrit dans mes tableaux, car la calligraphie est avant tout un art.
Pensez-vous à exposer en Algérie '
Avec honneur et plaisir. Je garde le contact avec mon pays d'origine et j'active au sein de l'association d'amitié franco-algérienne dans le cadre du soutien à des aspects de gestion dans certains hôpitaux.
Même si je n'y ai pas trouvé du travail, c'est dans l'université algérienne que j'ai forgé ma base.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Ali Bedrici
Source : www.liberte-algerie.com