
Le rôle de la banque dans une économie donnée, sa fonction d'intermédiation, le système bancaire qui se définit à partir d'une idéologie de politique économique, ont été les thèmes abordés, hier matin, dans une rencontre à la Chambre de commerce et d'industrie de l'Oranie (CCIO).La rencontre qui s'inscrit dans un cycle de formation destiné aux chefs d'entreprise, a pris la forme d'une conférence donnée par l'universitaire et économiste Chouame, de l'université d'Oran. Alors que le SG de l'Abef a annulé sa venue à Oran, l'orateur a réagi à nombre de choix en débats ces derniers mois. Il a ainsi présenté un historique sur "la construction du système bancaire en Algérie" partant de Boumediene pour arriver aux réformes de Hamrouche en 1988, et réagissant à la dernière sortie d'un autre ministre et économiste, A. Temmar.Et d'estimer que "la privatisation des banques publiques n'est pas la solution pour résoudre la question de la relance économique, ce n'est pas le statut de la banque qui va régler cette question". M. Chouame a ajouté que dans les banques, l'on fonctionne encore avec la mentalité "socialiste".Face à des gérants de sociétés qui se plaignent de la frilosité des banques pour accorder des crédits, le professeur explique qu'aujourd'hui, la banque doit surtout offrir du savoir-faire quant à l'intermédiation, l'un de ses rôles, qui reste faible, reconnaît-il, avant d'expliquer que "les banques ont peur de prendre des risques".Lors du débat, des chefs d'entreprise ont dénoncé la contrainte de se tourner vers le marché informel de la devise pour trouver des financements et assurer leurs approvisionnements en matières premières ou équipements. La question de la convertibilité du dinar a été ainsi abordée avec les participants qui ont trouvé en l'orateur une prise de position en accord avec leurs revendications sur la nécessité de la convertibilité du dinar ou simplement "donner un statut de marchandise au dinar", dira l'économiste. Interrogé en marge de la conférence sur l'impact du crédit à la consommation, l'universitaire estimera que c'est un mauvais choix et qu'il ne produira pas l'effet escompté. "Cela durera quelques mois, les ménages achèteront des biens, mais très rapidement cela retombera", dit-il.En revanche, il est partisan de l'application des prix réels, augmentation des tarifs de l'énergie, des carburants, l'arrêt de certaines subventions allant même jusqu'à souhaiter devant l'étonnement des présents "que la crise perdure et que les prix du pétrole restent à la baisse, peut-être qu'ainsi, on comprendra la réalité de l'économie" et d'affirmer qu'un retour aux réformes de Hamrouche, "qu'on a abandonnées sciemment, est la seule solution aujourd'hui".D. L
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : LOUKIL D
Source : www.liberte-algerie.com