
On savait que les services de contrôle des produits de large consommation peinaient à maîtriser le large marché algérien. On ignorait qu'ils étaient à ce point débordés, que près des trois quarts du lait cru mis en vente échappaient à tout contrôle sanitaire. L'information - elle a fait l'effet d'une bombe auprès des journalistes lors du 3ème salon international de l'Aviculture et du Lait (Sial) qui a eu lieu cette fin de semaine à Oran- met à nu la faillite des services vétérinaires algériens dans le contrôle sanitaire des produits animaux et d'origine animale destinés à la consommation humaine comme les viandes et produits à base de viandes, les produits de la pêche et de l'aquaculture et, évidemment, le lait et produits laitiers. Selon un certain nombre de spécialistes qui ont pris part au Sial 2011, dont des docteurs vétérinaires, environ «70% du lait cru commercialisé sur le territoire national n'est pas contrôlé et présente un risque réel sur la santé des consommateurs». Autrement dit, les trois quarts du lait cru (à ne pas confondre avec le lait vendu par les offices qui, lui, ne pose heureusement pas de problème) produit chez nous constituent une menace franche pour la santé des consommateurs parce qu'ils sont fabriqués dans un environnement dépourvu de conditions d'hygiène, ne subissent aucune espèce de contrôle et peuvent provenir de vaches malades. Pourtant, avant d'atterrir dans les cuisines, à portée de toutes les mains, un produit destiné à la consommation humaine doit, en toute bonne logique, passer sous le microscope des services de contrôle ; a fortiori, le lait qui compte parmi les produits les plus consommés en Algérie est censé être examiné avec la plus grande attention par les services vétérinaires et suivi depuis sa production dans les fermes jusqu'à sa mise en vente sur le marché, en passant par l'ensemble des étapes intermédiaires tels l'entreposage, la préparation, la transformation, le transport' Or - à l'image de la viande dont une bonne partie provient de l'abattage clandestin- il s'avère que ce n'est pas le cas et que la situation risque de perdurer tant le secteur (là aussi, les spécialistes sont catégoriques) reste l'otage de l'anarchie et du désordre sans qu'un signe fort du gouvernement - autre qu'une déclaration d'intention- ne vienne suggérer une prochaine reprise en main. Gare donc au lait cru !
S. O. A.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Samir Ould Ali
Source : www.latribune-online.com