Les professionnels de la pêche tentent de diversifier leurs activités pour combler le manque à gagner généré par le chômage technique qui les touche.
Dans les 26 communes que compte la wilaya d'Oran, des poissonniers se sont transformés en vendeurs de fruits et légumes, d'accessoires de voitures, de vaisselle, de friperie et même en transporteurs publics avec leurs petites camionnettes souvent achetés dans le cadre de l'Ansej. 'Notre activité est précaire. C'est vrai qu'on travaille dans l'informel mais c'est pénalisant pour nous lors des périodes de chômage, imposées par la rareté du poisson', déclare un poissonnier reconverti en vendeurs de fruits de saison pour la bonne cause, avant d'ajouter : 'Nos pêcheurs n'ont pas les embarcations nécessaires et les moyens financiers pour pêcher dans de bonnes conditions régulièrement. Oui, c'est vrai qu'il y a du business de poisson loin des côtes. C'est une question d'offre et de demande.' Si des experts affirment, haut et fort, que le poisson meurt de vieillesse faute d'être pêché vu le manque de moyens techniques et de chalutiers en nombre suffisant, la désorganisation du secteur qui incombe aux professionnels qui n'arrivent pas à travailler dans la transparence, a multiplié les carences. Lors de sa visite du mois d'avril passé à El Bahia, le ministre de la Pêche, Abdallah Khenafou, a pu constater de visu le grand déficit de la profession et a exprimé son insatisfaction malgré les efforts de l'Etat avec un Institut national des technologies de la pêche, implanté dans la commune de Bir El Djir pour la formation de cadres et l'ambitieux plan de développement de l'aquaculture pour contourner la raréfaction du poisson qui touche l'ensemble des pays du bassin méditerranéen, selon le ministre. Plus grave encore, la commission de l'APW d'Oran a mis à nu des défaillances graves au niveau des ports de pêche dans un rapport accablant tels le manque d'hygiène, l'absence de contrôle des services vétérinaires lors du déchargement du poisson, et surtout la pollution provoquée par des fuites de carburants ainsi que les pratiques frauduleuses de certains exploitants des quais et de hangars. Du coup, le poisson vendu aux consommateurs est entouré de graves suspicions du point de vue qualité et peut nuire à la santé publique.
Les responsables du secteur de la pêche ont du pain sur la planche. À noter que le secteur a bénéficié de 1 840 millions de DA dans le cadre du plan quinquennal 2010/2014.
NOUREDDINE BENABBOU
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Noureddine BENABBOU
Source : www.liberte-algerie.com