Les Henni représentent l’identité de l’art contemporain
Dans le hall de la Galerie d’art de la défunte Association culturelle de la Ville d’Oran, au 13, rue Larbi Ben M’hidi d’Oran, le couple Henni vous reçoit face à un étalage de tableaux hauts en formes et en couleurs. Fatma Henni est artiste peintre. Elle est diplômée du Fine Art Institut Strogonov de Moscou. Elle, c’est l’épouse de Mustapha Henni Houri. Qui, lui, est architecte et évolue depuis peu dans le monde de la peinture. Ils se sont associés aussi bien dans la vie que dans la passion de l’art. Si le mari excelle dans l’art expressionniste abstrait, genre Jack Pollack, une catégorie plutôt à l’ancienne, la dame rayonne dans la peinture psychédélique. Deux styles différents mais compatibles, comme le tient à le préciser, Mustapha henni, un autodidacte qui doit beaucoup, à sa femme, celle qui l’accompagne aussi dans cet univers de couleurs, et qui lui sert, dit-il, souvent de critique. «Les gens ont tendance à croire que l’art et l’architecture sont incompatibles mais en réalité le temps a montré qu’il y a de grands peintres, qui étaient des architectes», fera remarquer l’artiste, citant au passage Vazarelli, Candinski ou encore Walter Gropius, qui étaient de véritables élèves de Bauhaus, avant d’avoir leur propre approche, celle connue du monde de l’art contemporain. «Vous savez, dit-il, les circonstances ont voulu que je fasse cette incursion dans ce monde de couleurs. C’était un rêve d’enfance mais j’avoue que c’était durant une période de vide professionnel que je me suis initié à l’art».
Un petit pinceau par ci, un coup de peinture, par là, et voilà, le bébé jeté à l’eau. «Depuis, pratiquement 2005, précise t-il, je me suis plongé au même titre que d’autres artistes peintres». A une différence près, puisque je fais ce qui s’appelle le coloriage, comme aime le préciser, Mme Henni, sa compagne, en véritable professionnelle, qui présente depuis une semaine, de nombreux tableaux. Fatma Henni est une artiste peintre mais aussi une enseignante d’art plastique à l’université de Mostaganem, pour elle, «l’art, c’est aussi susciter, représenter, lire, écouter, sentir. Une sorte de sentiment infini». Mais ces tableaux sont indéfinis à l’image de sa vie, comme elle se plait à le dire. «L’art, pour moi, c’est aussi une bataille, y compris contre l’absurde. Je me souviens, dit-elle, un certain 5 octobre 88. J’ai vu un handicapé portant sur ses épaules un matelas qu’il avait volé ce jour là. Il n’avait pas où dormir. Et c’est cette image là, qui m’a bouleversée, à l’instar d’autres scènes de ma vie.» Elle est très attentive aux dénuements de notre quotidienneté comme cet étalage de misère, d’enfants exploités, qu’on retrouve ici et là dans les marchés, à revendre des livres pour pouvoir se payer une journée à la piscine, pour passer les vacances, comme tout le monde. «J’ai été gâté dans ma vie et j’ai appris beaucoup de choses. J’avais de la chance d’avoir un père scout avec qui, j’ai appris l’esprit de partage et de générosité. L’intégrité surtout». Aujourd’hui, malheureusement, dit-elle, beaucoup de bonnes choses ont disparu. «Il suffit de regarder autour de soi pour comprendre que les gens ont peur d’être poli». Pour mieux illustrer Albert Camus, elle dira: «On avait pensé, dit-elle, qu’en construisant le fort de Santa Cruz, la peste sera chassée, à jamais. Détrompez-vous, fit-elle remarquer, la peste est revenue!
B. Bensalem
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com