Calvaire - Les jeunes qui exercent le métier de délégué commercial sont souvent soumis à des pressions terribles de la part des patrons.
Ces derniers n'hésitent pas à les blâmer, s'ils n'arrivent pas à écouler un certain seuil de produits. Certains employés, qui n'ont d'autre choix que d'accepter ces pressions, poursuivent le travail, alors que d'autres démissionnent au bout de quelques jours. Les témoignages des concernés renseignent sur les conditions lamentables dans lesquelles ils exercent cette profession. «Je n'ai pas pu résister plus d'une semaine.
D'ailleurs, j'ai jeté le sac à dos plein de boîtes de parfums, déodorants, shampooings et gels douche à terre et dit au responsable que je n'étais pas un esclave pour me laisser traiter d'une manière aussi humiliante. Il m'a reproché le fait que je n'avais ramené qu'un seul accord d'un commerçant qui a commandé une petite quantité de chaque produit. Il m'a qualifié d'incompétent, alors je lui ai signifié que c'était lui l'incompétent qui ne sait que compter l'argent», avoue Hamid, 27 ans. Ce licencié en psychologie a décidé de travailler comme receveur dans un bus de transport de voyageurs.
«Là au moins je ne subis aucune pression. Je passe ma journée debout et je me fatigue trop, mais j'ai l'esprit tranquille. Je dépose mes CV dans plusieurs entreprises et je passe les concours de la fonction publique, jusqu'à obtenir un emploi stable », ajoute-t-il.
Linda, 24 ans, a vécu une histoire plus atroce. Ingénieur en statistiques, elle a exercé deux mois en qualité de déléguée commerciale dans une firme étrangère. Au début, tout allait bien, mais au bout de deux semaines les choses ont pris une tournure dramatique.
«Les premiers jours, le responsable ne faisait que m'apprendre les techniques efficaces de marketing et m'encourager pour décrocher des marchés. Ensuite, il s'est mis à me blâmer et me qualifier d'inutile. J'ai failli faire une dépression nerveuse à cause de la pression.
Un jour, ce responsable m'a affirmé ouvertement que je devais être très sympathique avec les clients, déjeuner avec eux et s'il faut se promener avec eux. Et là, je n'ai pas hésité à le remettre à sa place, lui disant que je suis une fille respectable et non pas une personne vile comme lui. J'ai quitté immédiatement les lieux et je n'ai même pas accepté son argent», confie-t-elle, les larmes aux yeux. «Les filles algériennes sont-elles devenues une marchandise à la portée des commerçants malveillants ' J'ai fait des études, j'ai décroché mon diplôme avec brio !
Malheureusement, les patrons tentent de profiter de notre détresse...», sanglote Linda, qui travaille actuellement dans un atelier de couture à Draa Ben Khedda (Tizi Ouzou). Les deux témoignages ne sont, en effet, que la face cachée de la souffrance des jeunes qui exercent un métier qui ne profite, en fin de compte, qu'aux patrons. Pris entre les griffes du chômage et de la mal vie, nos jeunes, diplômés ou étudiants, se trouvent exploités et humiliés.
La faute n'incombe certainement pas à eux seuls, mais en premier lieu aux hauts responsables du pays qui ont échoué dans toutes les mesures d'emploi et de la lutte contre le chômage. Le malheur des uns, ne fait-il pas le bonheur des autres '...
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : M F
Source : www.infosoir.com