Oran - A la une

Etudiants et enseignants mobilisés contre la décision «arbitraire» de Tahar Hadjar



Hier tôt dans la matinée, la quiétude des rues à Oran a été interrompue par plusieurs marches des lycéens mais pas seulement, puisque même des élèves du moyen ont fini par les rejoindre. Ce qui a suscité l'étonnement des Oranais qui ne comprennent pas pourquoi certains établissements ont permis aux élèves de faire l'école buissonnière.Ce va-et-vient incessant des élèves a entraîné quelques interruptions du tramway et de certains transports en commun, tant le désordre régnait.
De petits groupes de délinquants se sont mêlés à ces jeunes «manifestants» où parfois vols et bagarres ont été signalés.
D'autre part, au même moment, la situation s'accélérait au niveau des universités de la wilaya, où les étudiants ont, dans un premier temps, observé des rassemblements devant les administrations de leurs départements pour signifier leur désapprobation de faire avancer la date des vacances universitaires, la qualifiant de décision «arbitraire» de la part de Tahar Hadjar. Portant des slogans pour la circonstance : «Ne me donnez pas des vacances donnez-moi mon pays» ; «Etudiants en grève pas en vacances» «Vous vous rendez compte nous étudiants disons non à des vacances en plus '! »
De leur côté, les enseignants du supérieur ont également tenu des sit-in à l'Usto et à Senia où ils s'adressaient au ministre : «Non, nous ne sommes pas en vacances.» C'est ensuite côte à côte qu'étudiants et enseignants ont marché plusieurs mètres et se sont regroupés (en majorité des étudiants) au niveau du siège de la Wilaya où ils ont exprimé leur refus d'avancer les vacances du jour au lendemain. Dans un communiqué commun transmis à notre rédaction, les deux organisations syndicales, le Cnes affilié à la CSA et le Sess affilié à la CGATA dénoncent «cet acte et demandent à l'ensemble des enseignants et enseignantes de se présenter au sein de leurs établissements respectifs pour protester contre cet acte et pour relancer l'activité syndicale nécessaire pour résister à cet affront».
De même qu'il y est question de débattre avec les étudiants (es) pour «les aider à créer une organisation syndicale réellement représentative qui redonnera toute sa place à la jeunesse estudiantine que ce soit au sein de l'université ou dans notre pays». Les deux syndicats suggèrent de rester sur place toute cette semaine au sein des établissements universitaires afin, disent-ils, de pouvoir se concerter sur les évènements qui peuvent survenir durant la semaine prochaine.
L'appel à la désobéissance civile a quant à lui suscité beaucoup de débats entre partisans et ceux refusant catégoriquement l'idée en elle-même. Ce qui a donné lieu à une atmosphère assez tendue. Certains commerces ont préféré jouer la prudence en restant fermés jusqu'à midi et n'ouvrir qu'au fur et à mesure, pendant que d'autres ont opté pour le rideau baissé. Mais dans l'ensemble, beaucoup ont fini par ouvrir avec toutefois un fait qui a suscité l'indignation face à une augmentation significative des prix des produits alimentaires et autres fruits et légumes.
Postes et banques ont, quant à elles, été prises d'assaut. Beaucoup ont préféré sortir de l'argent en plus et le garder chez eux dans le cas où ces établissements venaient à fermer. Une autre rumeur qui s'ajoute à tant d'autres qui donnent le tournis depuis une semaine.
Amel Bentolba
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