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Et si le bonheur n'était qu'une illusion '



Et si le bonheur n'était qu'une illusion '
El khalta sihria li sâada aborde avec finesse l'idée philosophique du bonheur et critique les dérives de l'humanité.La quête du bonheur est une obsession chez les humains depuis la nuit des temps. Le bonheur a pris, au fil des âges, des significations philosophiques, spirituelles, intellectuelles, commerciales et parfois politiques... Le metteur en scène égyptien Chadi Al Dali, formé dans la belle Ecole des arts El Hanaguer du Caire, a saisi avec finesse l'idée pour développer un projet artistique intéressant, qui porte presque toutes les expressions et les codes du théâtre contemporain. El khalta sihria li saada (La formule magique du bonheur), qui aurait pu être un titre de BD d'aventures, est le nom donné à ce projet, né d'un atelier d'écriture.La pièce a été présentée, mardi soir, au Théâtre régional Abdelkader Alloula d'Oran, à la faveur de la compétition du 9e Festival du théâtre arabe. «Est-ce que tu sais sauter comme une grenouille ' Courir comme une autruche ' Plonger comme un poisson ' Est-ce que tu sais monter un arbre comme un singe ' Mais que sais-tu donc faire ' Tu sais réfléchir, c'est pour cela que tu es humain. La vie des humains est compliquée aujourd'hui. Il devient impossible de vivre heureux.La moralité a changé et personne ne supporte l'autre. Tout est à vendre et à acheter», déclare un narrateur qui veut vendre un produit et qui semble interpeller directement le spectateur. C'est cela le rapport que le metteur en scène a voulu installer dès le début de la pièce. Il n'y aura pas de «conflit», au sens classique du terme, sur scène. «Je voulais que chaque spectateur se sente interpellé par le comédien. J'ai exposé un problème sans donner de solution», a souligné Chadi Al Dali.Une annonce publicitaire en ligne propose de «l'aide» pour atteindre le bonheur. Il suffit d'appuyer sur la touche «étoile» (najma) du smartphone. Les smartphones, qui enchaînent de plus en plus les humains, sont devenus des accessoires incontournables de la vie actuelle. Sont-ils pour autant des instruments du bonheur ' Des personnages viennent confier tour à tour des bouts de leur existence.«Car vous devez prouver votre existence. Attirez l'attention sur vous, par le sourire, l'habit, la parole... Aimez les gens, même si vous les détestez, ne soyez jamais modeste, soyez toujours incompréhensible, laissez les gens dans l'étonnement, montrez-leur que vous êtes plus fort qu'eux», conseille le même commercial. Il y a d'abord le fonctionnaire-modèle, qui croit avoir trouvé le bonheur dans son travail. Au fil du temps, il prend goût aux saveurs de la corruption, s'enrichit rapidement.A ses yeux, le quartier où il habite apparaît de plus en plus sale. Il y a ensuite la femme qui a tout fait pour réussir dans ses études, puis dans sa vie professionnelle. «J'achôte tout avec mon argent», proclame-t-elle. Elle a voulu remonter un complexe d'enfance. «A l'école, les filles disaient que j'étais moche», confie-t-elle. Il y a encore le jeune comédien en quête de place sous le soleil et de respect. «Je veux pourtant faire de la comédie mon métier», lâche-t-il.Et il y a l'amoureuse qui va d'échec en échec. «Pourtant, l'amour est beau», lâche-t-elle. Le texte en fragmentation offre la possibilité d'avoir plusieurs tableaux. Le metteur en scène s'est appuyé sur les lumières, les costumes et les expressions corporelles des comédiens pour enrichir la scénographie, aidé par Amrou Achraf. Un siège blanc en avant-scène symbolise tant le pouvoir que l'envie de faire des confessions. Les comédiens, Fatma Mohamed Ali, Mohamed Hifdhi, Mohamed Saâdaoui, Amira Réda, Fahd Ibrahim, Asma Abou Lyazid et Rahma Ahmed ont occupé entièrement l'espace dans une pièce à rythme accéléré, comme le veut «la dictature» de la vitesse dans le monde contemporain.
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