
Suffit-il de disposer d'un gros budget pour monter une équipe de football performante ' L'aisance financière est-elle le facteur déterminant dans la course aux titres ' Avec l'entame imminente de l'exercice footballistique 2014/2015, la question revient avec insistance dans les discussions des fans et les supputations des bookmakers. La démarche inédite de certains clubs qui ont totalement remanié leur effectif a, en effet, suscité moult interrogations. Les spéculations dans la presse spécialisée vont bon train. Certains croient que l'on peut «acheter» une équipe neuve et réussir le pari. D'autres doutent del'efficacité d'un tel choix en mettant l'accent sur la cohésion du groupe, lacomplémentarité et les automatismes dans le jeu qui, généralement, sedéveloppent au fil du temps. Renvoyer tous les anciens joueurs et engager de nouveaux -même si individuellement ils seraient les meilleurs sur la place-, serait de l'avis des experts une gageure. Entré dans le giron du puissant Groupepétrolier Sonatrach, le MC Alger, sous la férule de son nouvel entraîneur, a décidé de faire peau neuve au risque de décevoir les espoirs de ses nombreuxinconditionnels avides de consécrations. Sitôt installé à la barre technique du doyen, Boualem Charef a quasiment renvoyé tout le monde, y compris des cadres inamovibles comme Bouguèche, Yahia-Chérif, Ghazi, Babouche, Fabre ou Belaïd qui cumulent plusieurs saisons au club algérois. Les Gourmi, Karaoui, Hindou, Azzi ou Khatir, comptant parmi les meilleurs du moment en Ligue 1, ont été appelés à la rescousse. En tout, un grand renfort de dix nouveaux pensionnaires a rejoint les rangs des Vert et Rouge cet été. Une profonde métamorphose, qui mettra certainement du temps, avant de porter d'éventuels fruits. La même stratégie a également prévalue à la JSK où le boss, Moh-chérif Hannachi, a libéré 11 anciens joueurs d'une seule traite. Profitant de l'arrivée de nouveaux sponsors publics et privés, le patron du club kabyle n'a épargné que des valeurs sûres comme le buteur Ebossé, le capitaine Rial et le stoppeur Benlamri. Des athlètes que l'on croyait indéboulonnables comme les Asla, Maroci, Remache, Messadia, Sedkaoui, Beziouène et Madi ont été «licenciés» sans ménagement. Les Jaune et Vert se sont, en contrepartie, attachés les services de 14 nouvelles recrues (dont les Delhoum, Doukha, Meguehout, Kerrar, Khiat et Moulay) dans l'objectif annoncé de se redéployer dans les compétitions locales et continentales. Cependant, le nouvel entraîneur, le Belge Hugo Bross, n'aurait visiblement pas la tâche facile face à une galerie impatiente de renouer avec les fastes d'antan. Repris par le Groupe public Naftal, le MC Oran a aussi fait sa toilette. Pas moins de 12 nouveaux joueurs ont été recrutés cette année dont les Nessakh, Saïdi, Bouaïcha, Mokhtar et Amrane. Les Hamraoua, qui enchaînent les contre-performances ces dernières années, comptent se relancer au niveau national. Pareillement, le club-phare de l'Ouest n'aura pas les coudées franches pour bousculer la hiérarchie. Dans le foot, comme en toute chose, la performance est généralement le résultat d'un long travail de maturation, la consécration d'un effort soutenu durant de longues années. On peut, par chance, gagner un trophée sur un coup de dé, mais le vrai succès exige une bonne conduite managériale, un encadrement technique méticuleux et beaucoup de patience. Le MCA, la JSK et le MCO, qui ont opéré leur mue, ne doivent pas s'attendre à des miracles. Ils doivent travailler sur le moyen et long terme pour asseoir vraiment leur domination. L'argent reste un facteur insuffisant, à lui seul, pour réussir.K. A.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Kamel Amghar
Source : www.latribune-online.com