L'Allemagne retrouvera le parfum d'une finale pour la sixième fois en treize éditions des championnats d'Europe et ce, malgré une qualité de jeu en question. Pour en arriver là, l'Allemagne a disposé en demi-finale de l'invité surprise de cette édition, à savoir la Turquie, non sans avoir éprouvé quelques frayeurs en défense. Ce sera face à l'impressionnante équipe d'Espagne dont ce sera la troisième finale pour une seule consécration (1964). Ce choc entre deux équipes aux styles de jeu différents promet beaucoup de suspense. L'Allemagne a pourtant peiné avant d'arracher sa qualification in extremis face à des Turcs, décimés par plusieurs absents et suspendus. Cela n'a pas empêché les coéquipiers de Kazim Kazim d'être à l'aise devant les triples champions du monde. La formation de Joachim Löw a montré qu'elle avait elle aussi des ressources morales, en plus d'une expérience qui a fini par faire la différence. Ceci dit, la Nationalmannschaft aura une lourde tâche face à l'équipe ibérique qui est d'un cru exceptionnel et qui mérite largement sa place en finale de l'Euro 2008 après avoir sorti l'Italie et la Russie. Il faut reconnaître toutefois qu'Aragonès a assumé ses choix. D'abord concernant l'effectif, écartant les sélectionnés de l'entre jeu trop physiques, accordant sa confiance à des éléments techniques rapides et au sens du jeu collectif développé comme Xavi, Iniesta, Silva et Senna. Le coach espagnol a habilement manoeuvré dans un premier temps, en accordant la liberté d'attaquer à son latéral droit Ramos, ceci afin de freiner son vis-à-vis, le dangereux latéral gauche russe Zhirkov, souvent à l'origine des offensives de son équipe lors des précédentes rencontres.
Et pourtant, à la mi-temps, rien n'était joué d'autant plus que les Russes avaient quelque peu monopolisé le ballon, tout en étant moins dangereux que leurs adversaires comme l'attestent les chiffres. Tout a basculé à partir du but de Xavi, et ce en dépit du fait que Torrès s'est retrouvé sans son complice Villa, sorti sur blessure. Apparemment, ces données auraient dû avantager les Russes. Ce fut, au contraire, une éclatante démonstration des Espagnols, plus collectifs, plus «compacts» dans l'entre jeu et plus imaginatifs, à l'instar de Sliva le joueur qui a prouvé que, lorsqu'on possède la classe, la taille et le poids deviennent très secondaires. C'est un peu le symbole de cette équipe d'Espagne qui n'en finit pas de briser les tabous et de mettre à mal les records. Avant le coup d'envoi de l'Euro, c'était (presque) un sujet de bac: «comment expliquer qu'un pays possédant de grands clubs, régulièrement distingué dans les catégories jeunes, ne parvienne pas à dépasser les quarts de finale». Ce sujet sur lequel ont planché de nombreux observateurs, fait partie désormais du passé. L'avenir ? C'est demain, face aux ambitieux Allemands. Quel que soit le résultat, l'équipe espagnole a réhabilité le football collectif, où les stars s'effacent au profit du groupe. C'est l'essence même du jeu à onze.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : AL Et MB
Source : www.lequotidien-oran.com