Erdogan a été accueilli avec enthousiasme par ses partisans à son retour du Maghreb (dr)
Sa visite au Maghreb n'a pas été une promenade tranquille. A Rabat, le gouvernement (islamiste) a dressé le tapis rouge à l'hôte de marque qui était accompagné de 300 hommes d'"affaires et opérateurs. La puissante confédération générale des entrepreneurs marocains (CGEM), dirigée par Miriem Bensalah Chaqroun n'a pas apprécié de ne pas être associée à la préparation du forum d'affaires entre opérateurs marocains et turcs. Elle a choisi de le boycotter réduisant de fait l'étape marocaine à une sorte de monologue politique. Le chef du gouvernement marocain, Abdelilah Benkirane l'a admis : « L'absence de coordination avec la CGEM était une erreur. A l'avenir, nous essayerons de la corriger. Car le partenaire du gouvernement est la CGEM''. Erdogan également a souhaité que l'erreur soit réparée afin que le patronat « soit présent lors de la prochaine visite du chef de gouvernement marocain en Turquie''. Le Maroc et la Turquie sont liés par un accord de libre-échange conclu en 2004. A fin 2011, les échanges commerciaux sont en faveur de la Turquie avec 5,3 milliards de dirhams d'exportation, alors que le Maroc n'en a exporté que 2,3 milliards de dirhams, en baisse de 3%, selon l'office des changes.
Du gaz algérien pour les turcs
L'étape algérienne a été la plus « tranquille ». Elle a été l'occasion pour reconduire l'accord gazier qui lie les deux pays depuis 1988 au-delà de 2014. Devant le parlement, il a notamment souligné que ''les relations politiques entre l'Algérie et la Turquie connaissent un développement considérable et les relations économiques s'améliorent jour après jour". Il a également affiché des ambitions fortes, en estimant que le volume des échanges commerciaux est loin de ce qui est souhaitable et de ce qui est possible. Il veut le porter rapidement à 10 milliards de dollars. Erdogan a appelé les investisseurs turcs à aller en force sur le marché algérien à travers des accords de partenariat. Hormis des accords dans le domaine de l'énergie, les investissements turcs en Algérie sont représentés par une aciérie à Bethioua (près d'Oran, ouest algérien) réalisée par la société turque de droit algérien "Tosyali Iron and Steel". Globalement, les investissements turcs prévus en Algérie portent sur une usine de textile-habillement pour la production notamment de la lingerie féminine.
A Tunis, Erdogan devient un ''fasciste''
En Tunisie, des partis de gauche ont conspué Erdogan pour sa politique... turque. Un rassemblement a été organisé jeudi en face du siège de l'organisation patronale Utica. "Erdogan est un dictateur fasciste, AKP n'est pas un modèle pour nous", ont été les slogans, transcrits (en anglais) par les manifestants, à l'encontre du chef du gouvernement turc et son "Parti pour la justice et le développement" (AKP). Un événement vite oublié. Le chef du gouvernement turc a appelé les responsables tunisiens à ne pas hésiter à privatiser les entreprises publiques et à donner plus de moyens aux investisseurs privés. Aux hommes d'affaires turcs, il a lancé : "investissez en Tunisie pour manifester votre soutien à son peuple". Ali Larayedh, Premier ministre tunisien, a rappelé, quant à lui, l'appui apporté par la Turquie'' à la transition démocratique en Tunisie''. La visite du Premier ministre turc en Tunisie intervient moins de deux semaines après la visite officielle du Président Moncef Marzouki en Turquie. L'économie turque occupe la sixième place européenne et la 16e mondiale avec un PIB qui est passé de 3500 dollars en 2002 à 11000 dollars en 2012.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Merouane Korso
Source : www.maghrebemergent.info