Diagnostic d?une crise écologique sévère
Se basant sur une étude et des recommandations de la Banque mondiale, M. Khelladi, intervenant mardi lors d?une journée d?étude intitulée « Environnement et politique de la ville », a évalué ce qui est qualifié de « crise écologique sévère » vécue par l?Algérie. Seul hic, cet organisme international est allergique à toute forme de subvention étatique, comme celle relative au prix de l?eau, un enjeu social de taille. Cette journée d?étude est organisée par le forum algérien pour la citoyenneté et la modernité, un prolongement d?un comité de soutien à la candidature de M. Abdelaziz Bouteflika en 1999. « Je ne fais plus partie de l?institutionnel donc je peux parler librement », a-t-il prévenu avant d?entamer sa communication consacrée aux « enjeux du développement durable en Algérie. » Le bilan est significatif : 12 millions d?hectares érodés dans les zones montagneuses, un million d?ha de forêts perdus entre 1955 et 1997, 8 millions d?ha menacés de désertification dans la steppe, la salinisation et l?assèchement de foggaras, la rareté des ressources hydriques avec seulement 380 m3 par habitant, suivi d?un taux de fuite de 50%, un taux d?épuration des eaux usées quasi nul sachant que un million de m3 sont déversés directement dans la mer, 7 millions de tonnes de déchets urbains par an et 325 000 t/an de déchets dangereux produits par les zones industrielles. Pour M. Khelladi et pour la Banque mondiale, la crise est générée par des dysfonctionnements d?ordre institutionnel (rôle marginal de la société civile et manque de coordination intersectorielle), programmes et politiques inadéquats (exemple de la politique foncière catastrophique). Selon la Banque mondiale, la dégradation de l?environnement a un coût et, selon ce qu?a rapporté M. Khelladi, la facture est estimée à près de 6% du PIB. La répartition tient compte de la santé (1, 98% du PIB) et les répercussions sur les fléaux, comme les maladies diarrhéiques (causant 3 000 décès d?enfants par an) et non pas les MTH (concernés à hauteur de 5 % seulement) comme on a tendance à le croire. L?impact sur la productivité du patrimoine naturel coûte à la collectivité 1,84% du PIB, contre 2% pour l?activité économique. Face à cette situation, la réaction vient juste de commencer. Un plan national d?actions pour l?environnement et le développement durable (PNAE-DD) 2001-2004 a été institutionnalisé et bénéficie d?une enveloppe de 980 millions de dollars. Cinq institutions environnementales ont été créées, comme le réseau de surveillance de la qualité de l?air et l?agence nationale des déchets pour une assistance technique des collectivités locales. Hormis la valorisation ou l?introduction de la fiscalité environnementale, des fonds nationaux ont été créés. « A ce rythme, l?Algérie sera bientôt contrainte d?importer du gasoil, un carburant polluant, pour un parc automobile fortement diésélisé. Concernant l?environnement urbain, en attendant les projets en chantier (plans d?aménagements côtiers), le programme national de gestion intégré des déchets municipaux PROGDEM est l?une des priorités évoquées avec, aussi, la réhabilitation des réseaux d?AEP au profit d?une dizaine de villes dont Oran.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Benachour Djamel
Source : www.elwatan.com