Arbitre de l'historique rencontre Algérie-RFA de juin 1982 (2-1 pour
l'EN), Enrique Labó revient sur cette rencontre dont le souvenir demeure vivace
dans notre pays et ailleurs.
Le Quotidien d'Oran: Avant toute chose, que devenez-vous ?
Enrique Labó Revoredo.: Je suis un retraité qui travaille toujours dans
le cadre sportif au niveau du département dans lequel je réside à Lima. Ma
retraite me permet de profiter de mes trois enfants et de mes quatre
petits-enfants. Cela me permet aussi de suivre avec un grand intérêt
l'actualité du football international et national.
Q.O.: Votre nom est associé à jamais au match Algérie-RFA lors de la
Coupe du Monde de 1982. Vous attendiez-vous à la victoire algérienne ?
E.L.R.: Lors d'une Coupe du Monde, toutes les équipes partent à égalité.
Logiquement, avec son palmarès, l'Allemagne était la favorite mais je savais
que l'Algérie possédait un groupe de bons joueurs et que l'on pouvait
effectivement s'attendre à une surprise. J'avais entendu parler de certains
d'entre eux. De plus, je les avais observés lors du match préparatoire entre
l'Algérie et le Pérou (1-1 au stade du 5 Juillet à Alger, ndlr). Déjà, lors de
ce match, ils m'avaient fait une forte impression.
Q.O.: A quel moment du match avez-vous compris que l'Algérie allait
l'emporter contre la RFA ?
E.L.R.: Franchement, il était difficile de prévoir le résultat final. La
partie était serrée, la sélection algérienne jouait très bien et faisait le
nécessaire pour gagner. Elle méritait ce bon résultat.
Q.O.: Quels joueurs vous ont impressionné lors de la rencontre ?
E.L.R.: Le gardien de but (Cerbah, ndlr), un défenseur central dont je ne
me rappelle pas le nom (Korichi ou Guendouz, ndlr) en plus des auteurs des deux
buts, Madjer et Belloumi.
Q.O.: Avez-vous une anecdote particulière concernant ce match ?
E.L.R.: Il y en a plusieurs. Pendant la rencontre, j'ai sifflé un coup
franc indirect dans la surface de réparation de l'Algérie. A ce moment-là, le
joueur allemand Stielike (qui jouait en Espagne à l'époque, ndlr) est venu vers
moi et, à ma grande surprise, m'a dit en espagnol «c'est un pénalty !». Je lui
ai répondu que ce n'était que du jeu dangereux et que dans n'importe quelle
partie du monde cela n'aurait pas donné lieu à un penalty. Quelques jours plus
tard, j'ai rencontré l'arbitre algérien Belaïd Lacarne (qui a arbitré la
rencontre Argentine-Hongrie, ndlr). Il m'a dit « Bon match, bon match ».
Evidemment, il était heureux pour son pays. Je regrette vraiment que l'Algérie n'ait
pas pu passer le premier tour. Mais il y a quelque chose qui m'a vraiment
étonné et dont je tire une grande fierté. Après le Mundial, en arrivant à Lima,
mon épouse m'a donné plusieurs lettres en provenance d'Algérie où l'on me
félicitait pour mon arbitrage durant cette rencontre. C'est quelque chose qui
me remplit d'orgueil et que je n'oublierai jamais. Pour terminer, je souhaite
beaucoup de chance à l'Equipe d'Algérie. J'espère qu'elle jouera bien mercredi
contre l'Egypte et qu'elle pourra revenir au Mundial.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Propos Recueillis A Madrid Par Akram Et Yacine Belkaïd
Source : www.lequotidien-oran.com