L'année 2019 promet de beaucoup de changements tant sur le plan politique et économique que sociale. Sans trop s'attarder sur le volet politique, marqué par l'élection présidentielle du 18 avril et la probabilité de la réélection pour un 5e mandat du président Bouteflika, la politique économique et sociale prônée par l'Algérie connaîtra de sérieuses modifications.Rien qu'à entendre les déclarations de certains responsables et ministres à ce propos, la probabilité de la fin des subventions en Algérie n'est pas à écarter. Ahmed Ouyahia, Abderahmane Raouya, Youssef Yousfi, Mustapha Guitouni, Mourad Zemali font partie de l'Exécutif n'ayant pas écarté la possibilité de revoir la politique sociale et économique de l'Algérie. Conscient de la difficulté de la tâche et du caractère socialement douloureux d'une telle décision et de ses effets, mais aussi des dangers financiers que le maintien des subventions risque d'induire socialement sur le long terme, le gouvernement devra trouver les mécanismes adéquats pour éviter une faillite. Les prix du gaz, électricité, carburant, blé, ou encore des produits de large consommation, tels que la poudre de lait et le sucre, peuvent être affectés par cette nouvelle politique économique.
Il est vrai aussi que la chute des prix du pétrole depuis 2014 a fortement secoué l'équilibre financier du pays, se basant uniquement sur la rente pétrolière, ce qui va pousser à opter pour la rationalisation des dépenses. Certains échos annoncent cette mesure pour le second semestre de l'année en cours, juste après l'élection présidentielle. L'Etat ne peut plus assumer financièrement une telle charge qui grève les caisses du Trésor public de quelque 12 milliards de dollars chaque année. Une réflexion qui serait en cours consisterait à élaborer une stratégie d'approche, en vue de rendre possible le retrait progressif des subventions, afin de rendre son impact soutenable pour la plus grande partie de la population. A propos des produits énergétiques (gaz, électricité, carburant), le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, et celui des Finances, Abderrahmane Raouya, n'avaient pas écarté la levée des subventions de ces produits, occasionnant systématiquement une hausse de leurs prix, dans la loi de Finances 2019. Une possibilité rejetée par le président de la République, qui a opté pour le ciblage des subventions. Le PDG de la Sonelgaz, Mohamed Arkab, avait également provoqué une polémique suite à ses déclarations soulevant la possibilité de revoir à la hausse les tarifications de la consommation de l'électricité. Des propos sitôt recadrés par Guitouni, ministre de l'Energie. L'accès à la gratuité des soins au niveau des structures hospitalières a été également au c?ur d'une polémique survenue, le mois d'avril 2018, suite aux propos du ministre Zemali, démentis par la suite par le ministre de la Santé, Mokhtar Hasbellaoui.
Les caisses du Trésor public éprouvées
Le soutien de l'Etat aux prix des produits énergétiques (carburants, gaz et électricité) accapare une moyenne de 15 milliards de dollars annuellement. Selon des observateurs, le gouvernement expertise actuellement la possibilité de lever graduellement le pied sur cette politique de soutien aux prix qui, de l'avis de l'OBS et des institutions de Bretton Woods, profiterait beaucoup plus aux riches qu'aux couches défavorisées. Une telle résolution, si elle semble salvatrice dans une certaine mesure pour les finances de l'Etat, n'en laisse pas moins peser des craintes que la fin des subventions n'ait des effets socialement subversifs du fait de son impact chaotique sur les couches sociales les plus fragiles, a estimé le Pr Farès Mesdour.
Syndicats et associations inquiets
Energie, produits alimentaires, santé, eau sont autant de produits et services soutenus à bras-le-corps par l'Etat. Et s'il advient qu'il renonce à les subventionner, les conséquences seront dévastatrices sur certaines couches sociales. De nombreux syndicats, dont ceux de l'intersyndicale de l'éducation, ainsi que les associations de protection des consommateurs n'ont de cesse de soulever le risque sur les familles financièrement vulnérables, si de telles mesures sont appliquées, vu l'érosion du pouvoir d'achat des Algériens. «Il est évident que sans une stratégie de réforme du système des subventions qui prenne en compte autant les contraintes liées aux modes alternatifs de soutien social aux couches vulnérables que l'aspect lié à la communication, qui aide à préparer et à accompagner le processus de levée des subventions, on ne peut prévoir ce que sera la réaction des populations face à un tel bouleversement social», a-t-on prévenu. Par ailleurs, il est aussi important de revenir sur les propos de Youcef Yousfi, laissant entendre que la règle 51/49 relative aux investissements étrangers en Algérie pourrait être abandonnée. «Si les intérêts de l'Algérie l'exigent, la règle 59/41 sera revue, après tout, ce n'est pas du Coran», a-t-il déclaré mardi. Des propos qui rappellent ceux de Mustapha Guitouni, portant sur «un lifting de la loi sur les hydrocarbures, pour rendre attractif le marché algérien aux investissements étrangers». Le climat des affaires en Algérie reste peu attractif aux investisseurs étrangers qui appréhendent, notamment, cette loi.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Fella Hamici
Source : www.letempsdz.com