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En prévision d'un plan présidentiel de modernisation d'Oran : Des sites «à ne pas toucher»



D'aucuns s'interrogent sur les raisons de la non-concrétisation à ce jour de certains projets portant l'étiquette de la modernisation d'Oran, à l'instar de l'aménagement de haut standing de la frange maritime côtoyant la pénétrante portuaire. Certains n'y voient rien de moins que des effets d'annonce. D'autres, plus objectifs, parlent d'indisponibilité de ressources financières. Or, selon une source officielle, la wilaya a une vision anticipatrice pour ce dossier et s'interdit pour l'heure d'en disposer... en attendant.

En clair, la question a un lien direct avec le «très probable» futur plan présidentiel de modernisation de la ville d'Oran, similaire à celui d'Alger, présenté le 16 décembre 2024 et approuvé séance tenante par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune. Ce jour-là, rappelons-nous, tout en appréciant les projections qui lui ont été exposées pour la capitale, le chef d'État avait affirmé que « nous passerons à d'autres grandes wilayas ». Bien plus qu'une extrapolation, tout laissait croire depuis qu'Oran, 2ème ville du pays, ne pouvait être que l'étape suivante. Et, d'ailleurs, au lendemain de cet événement, l'actuel wali d'Oran Samir Chibani, fraîchement installé alors, avait indiqué lors d'une toute première rencontre avec la presse locale qu'il s'était dors et déjà mis à œuvre dans cette optique.

D'après nos informations, l'élément principal sur lequel s'appuie l'approche prospective conçue par la wilaya en prévision d'un plan gouvernemental spécial pour la capitale de l'Ouest est « la mise en place d'un portefeuille foncier approprié ». En effet, explique-t-on, « en prévision d'un tel schéma fondé sur une vision stratégique du développement et de modernisation d'Oran pour la hisser au rang des grandes villes méditerranéennes, la wilaya s'attèle à réunir les conditions fondamentales à sa mise en œuvre. Au premier rang desquelles, la disponibilité du foncier. Sans le foncier, le développement ne serait qu'un vain mot ». On peut même légitimement présumer que l'État va « conditionner » l'éligibilité des villes potentiellement candidates à pareil dispositif de modernisation par les offres foncières que celles-ci auront à proposer.

QUESTION D'OFFRES FONCIÈRES

Dès la première annonce, le wali d'Oran semblait prendre toute la mesure de cette corrélation modernisation-foncier. « Oran sera immanquablement la 2ème étape. Nous allons mettre de côté une batterie de terrains vierges d'une certaine valeur immobilière. On ne peut pas tout gaspiller dans l'HLM et le cubisme. J'ai toujours insisté, et aujourd'hui plus que jamais, sur l'utilisation rationnelle du foncier. C'est une denrée rare, un terrain utilisé est un terrain irrécupérable. D'où mon insistance sur la phase cruciale d'étude. Quand on laisse un BET seul en scène, il y a risque de dégâts, l'austérité dans l'usage du foncier étant son dernier souci», avait-il souligné.

Si pour Samir Chibani il faut donc veiller au grain sur les (quelques) réserves foncières encore libres dans l'optique de leur intégration dans les schémas du plan de modernisation à venir, rien à faire en revanche là où le mal est déjà fait. Sur les sites et îlots de sites déjà gâchés par l'urbanisme tous azimuts, à l'image du prolongement de Front-de-mer côté Est de la ville, avec ce fourre-tout de logements publics de tout acabit et de promotions immobilières bas de gamme et, à la clé, une mosaïque architecturale hétérogène, décousue et désordonnée qui trahit pour le moins une simplicité d'esprit des deux côtés du guichet unique. Ce à quoi est venu se greffer chemin faisant le simplisme et l'amateurisme des espaces verts version jardin citadin à base de fiche technique copier/coller (le même prototype reconduit à base de quelques palmiers washingtonia, acacias et platanes, assortis d'une cascade ou d'un petit lac artificiel plus un terrain combiné avec balançoires, toboggans et jeux gonflables pour parachever le décor) vendus à l'opinion publique comme étant l'œuvre d'experts paysagistes spécialistes en jardins botanistes.

LA VISION DE TEBBOUNE POUR ORAN CÔTÉ MER

Mais l'heure n'est plus aux lamentations et aux cris de cœur, ni à la critique rétrospective d'ailleurs, et il faut prioritairement sauver ce qui reste… en bas. C'est-à-dire sur la plage et l'arrière-plage créées sur son passage par la pénétrante portuaire. Ce potentiel haut-lieu du futur « plan bleu » d'Oran - pour reprendre la même terminologie des éléments-clés dont est constitué le plan de modernisation de la capitale - qui aura à rétablir la liaison ombilicale reliant la ville à sa mer. Selon certaines indiscrétions, les perspectives de la ville d'Oran côté façade maritime, sur les plans urbanistique et touristique essentiellement, avaient été longuement abordées par le président Tebboune lors d'une de ses visites à Oran. L'on retient surtout de ces révélations que le chef d'État ne voyait pas d'un bon œil certaines choses qui avaient été faites sur la frange perchée de la ville donnant vue sur mer, dont à titre d'exemple « les multiples petits bâtiments tant en termes d'hauteur qu'en terme de design, dans le cadre d'une promotion immobilière mal pensée, et même contre-indiquée en ce sens qu'elle n'avait pas lieu d'être en cet endroit censé être réservé pour le très haut standing incarnant la métropolisation avec à clé une architecture futuriste et un mode de construction-fonctionnement digne des villes intelligentes ». Se voulant optimiste malgré les séquelles indélébiles et faisant contre mauvaise fortune bon cœur, l'actuel wali, quant à lui, est formel : « La modernisation viendra à coup sûr. A nous de préparer le terrain, au sens propre comme au figuré ».

Une source bien informée révèle, dans ce même contexte, que « toutes les démarches déjà entreprises avant, durant et après la mise en service de la pénétrante du port d'Oran (concours d'architecture, appel à manifestation d'intérêt, étude d'aménagement urbain...) ayant ciblé le périmètre littoral adjacent ont été mises en veilleuse, en attendant d'y voir plus clair avec le très attendu plan présidentiel de modernisation d'Oran, l'élément structurant du site, et ce dans un souci de préserver cet espace côtier vierge et libre en vue de son usage à bon escient dans le cadre de ce plan à venir ».


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