300 travailleurs de la SPA Alfon (ex-Ducros) ont entamé hier une grève
dite illimitée jusqu'à la satisfaction de leur unique revendication : le départ
du PDG. A ce responsable, en âge de retraite et qui se retrouve en tête de
cette entreprise depuis 23 ans, on reproche un certain nombre de griefs. Un
cadre les résume dans la formule suivante : « distribution des postes selon ses
propres intérêts et au détriment de ceux de l'entreprise ». On nous bombarde de
cas de figure. On retiendra uniquement l'appel à des cadres retraités des
autres filiales à qui l'entreprise paye des « privilèges » exorbitants. On
ajoute la création de postes à des parents qui n'existent même pas dans
l'organigramme de l'entreprise. Synthétisant la situation des travailleurs de
l'entreprise, un technicien nous dira que « plusieurs d'entre nous souffrent
d'hypertension, de diabète et de dépression à cause des agissements de ce
responsable». Par ailleurs, les grévistes réclament une commission d'enquête
parce qu'ils estiment que les bilans de l'entreprise sont falsifiés. Dans un
document élaboré par les travailleurs et signé par des membres de la section
syndicale, on relève un autre ton. Ici, on lit que la gestion de ce dirigeant
mène l'entreprise à la faillite. On illustre le propos en avançant le cas « des
semelles de frein » que la SNTF ne commande plus auprès d'Alfon depuis 2009. Un
marché important que l'entreprise a perdu. Le texte reproche au PDG de
s'accaparer de la fonction commerciale et même de la production. Le texte remet
en cause la politique d'approvisionnement de l'entreprise en termes de qualité
et de prix. Il se termine par la promesse que les travailleurs sont en mesure
de « relever le défi » en cas où un autre manager viendrait écouter leur
préoccupation se limitant à la sauvegarde de leur outil de travail.
Rencontré sur place, le SG de la section syndicale UGTA reconnaîtra que
ce mouvement de grève est «sauvage», puisqu'il n'y avait aucun dépôt de préavis
de grève déposé au préalable. Cependant, il figure parmi les signataires du PV
et laisse entendre l'existence de dépassements au niveau de l'entreprise. On
retiendra néanmoins de ses propos que ce n'est pas la section syndicale qui est
initiatrice de ce mouvement de protestation.
Quant au PDG, lui aussi qualifie ce mouvement de grève « d'illégal ». Et
d'ajouter que « ce mouvement intervient dans une année où nous comptons un
redéploiement et une reprise ». Il nous évoquera la perspective d'un gros
marché de candélabres avec un pays du Golfe.
Commentant ce propos, un cadre nous dira que tous les travailleurs
connaissent « cette rengaine que le PDG ressasse chaque fois qu'il se trouve en
difficulté». Et de nous informer qu'un stock de 9 milliards de centimes de ce
produit phare d'Alfon se trouve dans les dépôts. Aussi, il récuse les dires de
son responsable concernant la titularisation de 22 travailleurs dans le cadre
du DAIP. « Ils sont payés par les services de l'ANEM, nous on leur assure la prime
de panier et de transport». Justement, on accuse ce responsable de refuser le
rajeunissement de l'encadrement de l'entreprise, qui commencerait par son
départ.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Ziad Salah
Source : www.lequotidien-oran.com