Ouvrir les yeux et le c'ur à l'art. La formule incantatoire est de cet artiste-peintre d'El Taref, Kahil Djamel. Elle illustre parfaitement l'esprit dans lequel s'est déroulé du 28 janvier au 1er février, le festival culturel de cette wilaya de l'est du pays.
Ses tableaux et ses sculptures, qu'il s'agisse du C'ur et la raison, du Rêve américain dont il dénonce la politique néolibérale et impérialiste, Le bing bang, Les disparus en mer, Le c'ur de la femme, Le désert, procèdent en effet de ce souci artistique d'atteindre à cette sphère supérieure où tout objet baigne dans une lumière qui permet d'en saisir l'essence. L''uvre d'art selon l'artiste est de rétablir les liens rompus entre l'humain et le divin à la suite du péché originel. A quoi réplique Madjiri Abdelghani, un maquettiste pour qui la création est reproduction à petite échelle, et perfection dans l'imitation pour parvenir aux mêmes finalités fixées pour les modèles : libérer les mêmes émotions. Sa Tour de Pise, son Bordj de Dubaï, son Titanic, sa Tour Eiffel, sont peut-être de pâles copies en miniature, mais non dépourvues d'intérêt. Comme quoi, il y a toujours de l'émotion même dans les objets miniaturisés.Dans le même registre et la même veine, Diabi Kamel propose de saisir la poésie de toute chose en utilisant le liège et le coquillage qu'il allie dans ses multiples créations. Châteaux, Cascades, Fontaines, Femme, Une cruche sur l'épaule, prétendent saisir un moment du temps qui fuit à tire-d'aile.La sculpture prend son sens le plus noble avec Achour Boualem qui utilise la bruyère, une matière très dure, très réfractaire au feu pour fabriquer au couteau ses pipes, ses cendriers et autres bibelots d'une belle couleur mordorée quand, c'est la racine de ce sous arbrisseau qui pousse près du littoral qui est employée, et jaune orangé, quand ce sont ses branches qui servent à ce travail délicat. L'art s'interprète comme un moyen d'expression pour s'ouvrir sur le monde et sur l'autre.Un mode d'expression que le jeune assembleur Cherghi Fodil pousse jusqu'à l'exaspération pour stigmatiser la corruption et l'injustice avec ses créations en se servant du coquillage et l'écume de mer. Son groupe de vautours dévorant un des leurs et sa cigale tentant d'endormir un scorpion sont non seulement éloquents mais très originaux en dépit d'une certaine naïveté qui s'y colle. Mais l'art n'est-ce pas cela justement : la naïveté ' Dommage que tous ces trésors n'aient pas profité à un public plus large. L'esprit de chapelle régnant dans la sphère culturelle en a décidé autrement. Non seulement au cours des deux tours que nous avons faits à l'institut de musique, où l'exposition s'est tenue, nous n'avons rencontré aucun journaliste, nous même n'ayant eu connaissance de cet événement que tout à fait par hasard, mais, faute d'une meilleure communication, nous n'avons guère vu de public. Peut-être que le jour où culture rimera avec ouverture, les efforts qui sont déployés dans ce secteur aboutiront aux objectifs escomptés. Mais le premier effort à faire, ne serait-il pas celui-là : en finir avec l'esprit de chapelle '
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : sofiane
Ecrit par : Ali D.
Source : www.elwatan.com