La direction de la santé d'Oran a initié, jeudi, une rencontre d'information autour du thème "Les violences contre les femmes", avec la participation de plusieurs secteurs comme celui de la santé, des affaires religieuses et le mouvement associatif. Quels que soient les intervenants, d'emblée tous ont souligné deux aspects : la sous-estimation des violences à l'encontre des femmes et l'ampleur du phénomène qui en fait "un problème de santé publique".Les médecins légistes du CHUO ont en effet souligné, étant les premiers à être au contact des femmes battues, que ces 15- 20 dernières années, les cas de violences sont en constante augmentation, et restent dans la société algérienne un tabou. D'où, explique-t-on, le refus ou la peur de bien de femmes victimes à venir déposer plainte, refusant jusqu'à se soigner. Un réseau a été mis en place dans 17 établissements de santé publique, pour un travail de collecte de données sur les violences faites aux femmes au travail, mais ceci reste très en deçà de la réalité. En 2017, les centres de santé ont enregistré 1227 cas de violences ; en 2018, 1597 et avant la fin de l'année 2019 déjà 1355 cas recensés. Les violences sont multiples, elles ont lieu généralement en milieu familial et peuvent émaner très souvent du conjoint et d'autres membres de l'entourage immédiat de la femme, nous a-t-on dit. Très largement, ce sont des femmes mariées qui sont victimes de violences, et l'agresseur est un homme proche avec un statut social de sans-emploi. Ce qui renvoie à la société en général : la violence sociale frappe la population, et souvent, la femme, la plus faible, est celle sur laquelle l'on se défoule.
D. L.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : D LOUKIL
Source : www.liberte-algerie.com