Oran - Revue de Presse

Emigration clandestine



Neuf harraga refoulés d’Espagne vers Oran Neuf harraga ont été refoulés d’Espagne mercredi dernier. Arrivés au quai du port d’Oran, ils ont été remis aux services de sécurité, à la police des frontières qui les a transférés vers la sûreté de wilaya. Dans cette structure, ils ont été entendus. Agés entre 22 et 28 ans, ces harragas ont quitté le territoire national par la côte d’Oran à bord des fameux «boté», alors que quatre d’entre ces harraga n’ont pu passé sur les terres espagnoles, cloîtrés dans un camp pendant une durée d’une semaine à un mois. Les autres -c’est-à-dire les expulsés- ont été appréhendés circulant sans papiers à travers les villes de la péninsule ibérique. Certains d’entre ces derniers ont passé près d’une année dans cette situation à se cacher à chaque apparition des hommes en uniforme. Ils ont passé une année de tourmente vivant sous la pressante angoisse de se faire prendre et d’être refoulés avant de concrétiser le grand rêve. Le rêve de régulariser leur situation de travailler, se faire de l’argent et retourner au pays pour les vacances à bord d’une belle voiture avec plein de cadeaux pour la famille et quelques centaines d’euros à échanger pour des millions de centimes. Tel est le rêve de tous les jeunes amateurs de l’émigration clandestine. Un rêve qui leur voile la face sur le grand danger qu’ils encourent en traversant la méditerranée à bord des petites embarcations qu’ils ont nommé les « botés ». En fait, s’ils prennent ce risque, c’est bien parce que des dizaines de jeunes ont réussi la traversée, ils sont arrivés à bon port et ont eu la chance de se faire un avenir en Europe. «Qui ne risque rien n’a rien», et puis, « il vaut mieux mourir que de continuer à vivre ainsi, à vivre la privation et la misère». disent les amateurs de la harga. Certains confieront «En hiver, on guettait le beau temps pour décider du grand départ, mais puisque l’été s’est installé et avec la «calama» de la mer, c’est pratiquement tous les jours que les «botés» prennent la mer avec à bord une moyenne de six jeunes, des deux sexes. La mal vie ne touche pas que les hommes, les filles ont aussi ras-le-bol du chômage, elles risquent leur vie justement pour une vie meilleure. Il est à signaler que lors des opérations d’interception des harragas, les gardes-côtes ont à maintes reprises enregistré la présence de jeunes filles. A leur tour, ces dernières contribuent avec une quote-part d’une moyenne de huit millions de frais pour la traversée. Cela couvre les frais de l’acquisition de l’embarcation, du fioul et de l’équipement de sécurité pour les «voyageurs». Toutefois, ces derniers temps, l’étau de sécurité a été resserré pour les harragas, les gardes-côtes ont intensifié leurs rondes en mer et la gendarmerie a fait de même sur terre au niveau des plages. Cette mesure s’est imposée depuis que ce phénomène a pris une ampleur vertigineuse, un phénomène dont s’est soldé la disparition de centaine de jeunes en mer. Des jeunes qui sont partis à bord de «botés» et qui n’ont plus donné signe de vie à leurs proches et amis. C’est ainsi qu’a été créée l’association des familles des harragas disparus. Une association créée sur initiative de ces familles et du Croissant rouge algérien et qui a pour objectif d’assurer la recherche de ces jeunes s’ils n’ont pas été engloutis par le grand bleu.
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