Les années 90 et 91 ont connu des activités diverses touchant aussi bien aux questions des droits de femmes, qu'à la condamnation des violences intégristes. L'interruption du processus électoral des législatives de décembre 1991 et l'installation du comité national de sauvegarde de l'Algérie (CNSA) a vu les militantes des droits des femmes, qui étaient jusque-là seules à estimer que l'intégrisme religieux était antinomique avec le processus démocratique, se constituer comme l'aile la plus radicale de ce mouvement dans la condamnation des organisations intégristes.
Avec l'extension des violences intégristes qui existaient déjà avant l'interruption du processus électoral, et le début de la vague du terrorisme, il y eut un reflux de l'activité sociale et politique, en général, cela n'a pas épargné les associations des femmes, puisque beaucoup ont cessé toute activité et vie associative. Cependant, celles qui sont restées sur le terrain (Alger et Oran), ont orienté toutes leurs activités vers la lutte anti-intégriste, antiterroriste et la solidarité avec les familles des victimes du terrorisme.
Il faut noter que dans les années 93 et 94, ce sont encore les femmes qui marquent la scène politique publique et médiatique. Dès les premiers assassinats à Alger et Oran, elles étaient présentes sur le terrain à côté des familles, en accompagnant les dépouilles au cimetière (pratique qui n'existe pas dans notre culture, puisque les femmes n'accompagnent pas les morts au cimetière, cela est réservé aux hommes) et en scandant des mots d'ordre à l'intérieur du cimetière, en organisant des manifestations publiques. A cette époque, rares étaient les voix qui se sont élevées pour dénoncer les crimes commis et revendiqués par les islamistes, par ailleurs les positions du pouvoir en place étaient très ambiguës et n'entendaient pas laisser faire ces femmes, c'est ainsi par exemple qu'un certain nombre d'activités publiques n'ont pas eu d'autorisation, mais ont eu quand même lieu malgré les blocages administratifs. En octobre 1993 naît le Rassemblement algérien des femmes démocrates (RAFD) en se mettant clairement dans une position radicale de lutte contre le terrorisme et contre l'intégrisme religieux.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : R K
Source : www.infosoir.com